Conférence des lauréates du concours « Nous l’Europe »

 

                    

                                                   D. Vouzelle professeur -  3 des 4  LAUREATES

       B. DECARIS président de la section AMOPA 21,  M.HEIN Proviseur du Lycée

 

 

 

Margaux Barlet, Camille Faivre, Fanny Nadisic, Chloé Auclair.

Professeur : D. Vouzelle

 

 

Concours AMOPA : Nous, l’Europe

Des jeunes conscientes de leur identité européenne

 

 

Introduction

Présentation du sondage numérique réalisé auprès de 366 personnes au total.

La première question posée fut « Vous sentez-vous citoyen Européen » avec trois possibilités de réponse : Oui, avant toute chose (23% des réponses), Oui, mais mon identité nationale prime (57%) et Non (20%).

La seconde question était « Etes-vous plutôt… ? » : Europhile (41%), Eurosceptique (20%), Europhobe (9%), Euro-ignorant (20%) ou euro-moque (8%).

Nous avons pu cependant noter que l’échantillon de personnes interrogées n’était pas entièrement représentatif de l’avis général des jeunes. En effet le sondage a majoritairement tourné dans notre entourage europhile ou au sein d’un public déjà politisé.

 

Comment expliquer ces comportements de la jeunesse envers l’Europe ?

 

I/ Comprendre les jeunes et leur rapport à l’Europe

 

1)      Trois idées principal

a)          L’europhilie et l’eurobéatitude

 

Chez les jeunes, il s’agit généralement d'individus qui bénéficient de notions de base en ce qui concerne la politique. Cela leur est indispensable pour se construire un avis europhile. En effet les médias offrent souvent une image négative de l’Union Européenne. Ses institutions, vagues et lointaines, sont un souffre-douleur facile, surtout à travers les contraintes économiques qu’elles fixent. Il faut donc dépasser cette première appréhension.

Il faut connaître l’Europe pour se sentir Européen, en ce sens qu’il faut fournir un certain effort pour passer outre l’aspect abstrait des institutions européennes.

 

 

Les europhiles croient en ce que peut apporter l’Europe :

 

-          Un apport économique indéniable :

1er marché mondial

France = 6ème puissance mondiale grâce à l’Europe

L’euro, concurrent du dollar, 2ème monnaie mondiale

28 pays depuis 2013 (Croatie)

 

-          Un apport culturel fructueux

Une grande diversité parmi les 28 pays (France, Espagne, Danemark, Pologne, Grèce, République Tchèque… Nous sommes différents)

Diversité qui nous renforce : UNIS DANS LA DIVERSITE.

 

-          Un défi et une promesse de mieux

Espoir pour le futur, de mieux et de plus grand que l’échelle nationale

Une certaine envie de ne pas retomber dans les erreurs du passé. But originel : empêcher la guerre. « La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent » - déclaration du 9 mai 1950 by R. Schuman, ministre des affaires étrangères français et père fondateur de l’UE

 

 

Les eurobéats considèrent quasiment l’Europe comme salvatrice. Souvent fédéralistes, ils souhaitent aller plus loin dans le projet. Ils nient les défaillances du système européen.

 

a)          Euroscepticisme et europhobie

 

Euroscepticisme → doute à l’égard du projet de construction européenne, de sa légitimité, de l’efficacité des institutions de l’UE...

 

Position très commune – elle regroupe une partie de la jeunesse qui ne se juge pas encore apte à se positionner pour ou contre l'Europe, mais en relève davantage les aspects négatifs relayés par les médias.

 

En interrogeant les jeunes sur leur euroscepticisme, les remarques qui reviennent le plus souvent concernent :

une nécessaire réforme du système politique jugé défectueux

l'hétérogénéité tant culturelle qu'économique de l'Europe qui rend une gouvernance commune difficile

l'incapacité de l'UE à faire face à la conjecture économique

l'élection de certains dirigeants jugée trop peu démocratique (commissaires européens...)

Etc...

 

L'euroscepticisme ne se traduit donc pas nécessairement par un rejet de l'Europe, mais par une lassitude et une attente de voir potentiellement les choses s'améliorer.

 

Les europhobes prônent inversement la sortie de l'Union Européenne. Certains sont d'anciens eurosceptiques qui estiment avoir vu la situation européenne empirer suffisamment pour mettre un terme à l'expérience, d'autres considèrent tout bonnement qu'un projet politique de ce genre est impossible et insensé.

 

L'UE pose à leurs yeux un certain nombre de problèmes :

Un projet politique irréalisable : les politiques économiques communes sont jugées impossibles à mettre en œuvre du fait de l'hétérogénéité de la zone, voire néfastes pour les économies nationales

Un effacement des Etats au profit de l'UE : pour certains, la gouvernance européenne se fait au dépend de la souveraineté nationale et mène irrémédiablement à un effacement de l'identité culturelle et politique des Etats = caractère nationaliste de l'europhobie

 

Les europhobes sont issus de milieux politiques très différents et se focalisent souvent sur un aspect particulier de l'Union Européenne. Si certains condamnent le déplacement libre des citoyens de l'UE mise en place par l'espace Schengen, d'autres dénoncent davantage le caractère libérale de l'UE. Il existe donc autant de formes d'europhobie qu’il existe de motifs de désapprobations.

 

Chez les jeunes, la poussée europhobe est souvent analysée comme la conséquence inévitable de la montée des partis d'extrême droite. L'UE va à l'encontre du projet ultranationaliste de ces partis qui séduisent de plus en plus les jeunes. Dans la plupart des cas, l'europhobie relève également d'une méconnaissance de l'UE dont les résultats politiques et économiques sont parfois mal-interprétés (exemple du prix des produits : on rappelle constamment que tout était moins cher avant le passage à l'euro, alors que l'inflation qui l'a suivi est la conséquence de l'évolution de la conjoncture économique et ne dépend donc pas que du passage à la monnaie unique)

 

b)         Euro-ignorance et désintérêt pour l’Europe

 

Nous avons observé que trois problèmes expliquaient en grande majorité cette fracture entre une partie des jeunes et l’Europe.

-          L’Union Européenne reste mal connue

o   Le processus politique européen n'est abordé que superficiellement dans les programmes scolaires (voire optionnellement)

o   La sensibilisation aux thématiques européennes au quotidien dépend de la volonté des établissements

o   Absence d'une réelle « culture européenne » qui légitimerait la revendication d'une citoyenneté européenne

-          L’Union Européenne est trop éloignée du quotidien des jeunes

o   Ses domaines d'action sont encore méconnus et sous-estimés

o   Son action est réduite dans les domaines susceptibles d'inquiéter les jeunes (éducation, emploi, social...)

-          Un rejet général de la politique qui rend d'autant plus difficile la sensibilisation à un projet supranational

eunes

 

a)          Le constat

 

Le problème posé par cette méconnaissance et ce désintérêt pour l'UE nous mène au sujet de notre travail collectif, à savoir l'abstention aux élections européennes.

 

Si on parle souvent de la montée constante des taux d'abstention aux élections européennes, il faut savoir que ce phénomène n'a rien de nouveau. En 1979, lors des premières élections du Parlement Européen au suffrage direct, le taux d'abstention en France était déjà d'environ 39%. Le manque d'intérêt pour l'Union Européenne n'a donc rien de récent. L'abstention est cependant un phénomène grandissant puisque celui-ci a atteint un niveau record de 59,37% en 2009 avant de connaître une très légère baisse aux récentes élections européennes de 2014. Un sondage a ainsi révélé que 74% des jeunes âgés de 18 à 24 ans ne sont pas allés voter aux élections européennes de 2014, ce qui en fait la tranche d'âge dans laquelle l'abstention est la plus représentée.

 

L'abstention frappe une certaine part d'eurosceptiques pour qui l'abstention peut représenter une action contestataire en réponse aux défaillances de l'UE. A l'inverse, les europhiles convaincues et les europhobes sont généralement un électoral facilement mobilisable. L'abstention chez les jeunes concernent en grand partie ceux pour qui l'Union Européenne n'a que peu d'intérêt ou ceux qui ignorent tout de son fonctionnement

 

a)          Les solutions

 

Dès lors, comment lutter contre l'abstention ? Il paraît alors évident que la mobilisation de cette dernière forme d'électorat européen est la meilleure des solutions et ce, dès le plus jeune âge.

 

La mise en place de centres de renseignements et d'informations sur l'Europe doit être complétée par une action focalisée sur le jeune public. Il paraît désormais essentiel que chaque établissement mène sa propre « politique informative » sur l'Europe. Dans notre lycée, il a par exemple été installé dans l'enceinte du lycée un stand de l'Europe au moment des élections européennes de 2014. Sa mise en place a permis aux élèves votants de se renseigner sur le fonctionnement des élections et de s'informer sur les différents candidats, leur permettant ainsi de se former une opinion sans laquelle le vote n'apparaît souvent pas nécessaire. Le rôle de l'école dans l'apprentissage du fonctionnement politique européen doit également être revu : intégrer ces enseignements dans le tronc commun est nécessaire pour légitimer l'Europe auprès de ses jeunes citoyens.

 

Au-delà de son aspect purement politique et économique, l'Union Européenne doit également être abordée dans son aspect multiethnique et multiculturel. La citoyenneté européenne résulte d'un certain sentiment d'appartenance à une communauté européenne partageant une histoire et des valeurs, tout en respectant les particularismes culturels de chacun. L'émergence de ce sentiment européen est une condition essentielle à la prise de conscience de l'intérêt de ce projet commun. La citoyenneté européenne doit donc être développée au travers de rencontres multiculturelles et multiethniques qui devraient permettre de comprendre que citoyenneté européenne et particularismes locaux ne sont pas incompati

 

      

                                                      Les lauréates écoutées par une assistance très attentive.

 

Fin de La 1ère partie

 


Les activités passées

Accueil