Sortie de printemps

 

 

Compte-Rendu de la Sortie de printemps de l’AMOPA21

 

Visite de Nevers, samedi 30 mai 2015

 

Dès 6 :45, une petite trentaine d’amopaliens a pris place dans l’autocar JIP-tours conduit par notre habituel et excellent chauffeur Michel. Tout le monde était à l’heure par cette matinée nuageuse mais non pluvieuse et de température agréable. Juste un petit problème d’identification du rendez-vous avec notre président Bernard D. qui nous attendait à quelques dizaines de mètres au bus qui stationnait à l’entrée de l’autoroute de Pouilly-en-Auxois.
Nous voilà partis en direction de Nevers en cheminant à travers les paysages étendus de l’Auxois. Traversée d’Arnay-le-Duc, réputé pour son marché aux moutons, qui se repère de loin par son château et le clocher de l’église. Puis court arrêt café à Autun, où l’arrivée nous permet d’avoir un aperçu de sa richesse historique avec en vue le temple de Janus gallo-romain ou encore les deux terrils maintenant couverts d’une forêt de conifères naissante, témoins de l’activité industrielle intense au XIXè et au début du XXè siècles. Puis reprise de la route à 8 :35. On aperçoit la direction du Mont Beuvray. Puis montée sur Château-Chinon, où l’on ne peut ignorer au passage le souvenir du Président François Mitterrand qui y a laissé sa profonde empreinte. Une vue remarquable au lointain à 360°, puis des signaux routiers de la direction de site connus : lac des Settons, lac de Pannesière et Châtillon en Bazois. Le paysage est bocagé avec moult charolais. Nevers est en vue vers 10h. Après quelques tâtonnements nous arrivons près du lieu de rendez-vous grâce à la dextérité de Michel.

 

 

1-Visite du palais Ducal. La guide Marie nous attend à 10h30 pour la visite commentée du château « neuf » (XVe) devenu palais ducal (XIXe) sur la colline des pouvoirs (la butte) avec la cathédrale. Il fut construit en 1464 par Jean de Clamecy sur les ruines d’une forteresse du XIIe. A partir de 1565, le Duc, Louis de Gonzague donna au château une architecture style renaissance mise en valeur avec l’esplanade bordée d’arbres qui surplombe les bords de Loire.

 

      

                                  Palais Ducal                                           et                           esplanade vers la Loire

Ce lieu maintenant peu meublé héberge entre autres le conseil municipal (salle Pierre Bérégovoy), des salles d’exposition, la salle des mariages, etc. Des projets d’aménagement n’ont jamais vu le jour comme des écuries au sous-sol.
Au bas de la colline se trouvaient les ports du fait de la confluence de la Loire et de la Nièvre, l’embouchure de l’Allier n’étant elle aussi pas loin : ports pour le bois, la faïence, le fer, etc. Le commerce s’est aussi largement développé à partir de 1642 avec le percement du canal de Briare faisant communiquer la Loire et la Seine.

 

 

 

Salle du conseil municipal (Pierre Bérégovoy)        Pont en grès rouge, 370m 14 arches, était la route royale entre Paris et Lyon


Rappelons qu’au cours de l’histoire Nevers a vu les Burgondes à l‘époque où il n’y avait pas encore d’évêché, puis vint l’accueil des catéchumènes et ensuite l’évêché. La ville avait alors ses deux tutelles puissantes : l’évêque et le comte qui permettaient aux Nivernais de faire face à leurs voisins turbulents : le duché de Bourgogne, les Bourbons et le Berry. C’était un pays riche de minerai de fer avec les forges (l’artillerie s’était développée à l’époque de la guerre de 100 ans) et de terre argilo-marneuse.
Au XVIe   sont arrivés des artistes et artisans italiens avec leur savoir-faire grâce aux Gonzague, puis au XVIIe les combles sont aménagés et le château évolue, il fut transformé en palais de justice jusqu’au XXe. Rappelons qu’au XVe il y avait 5 châteaux dans la région où les seigneurs se déplaçaient au fil des saisons.

 


Des blasons de la lignée héréditaire des comtes de Nevers décorent la salle des mariages comme celui de Marguerite de Flandres qui épousa le duc Philippe le Hardi, le blason du comte de La Charité sur Loire, ou encore le blason de Pierre de Courtenay, cousin du roi Philippe Auguste, devenu empereur de Constantinople. Puis parmi les propriétaires du château on cite Jean de Bourgogne, les Albret, les Clèves, puis les Gonzagues et enfin jusqu’à la révolution les Mazarin. Il reste encore une partie des bâtiments d’une petite demeure appelée gloriette à côté du théâtre (construit par la suite).

 

 

 

 

 

 

2- Visite d’un atelier artisanal de faïence (la Faïencerie Bleue) de 12 :00 à 13 :00. Nous sommes accueillis par la décoratrice Laetitia qui nous indique qu’au XVIe cette activité faisait vivre 600 travailleurs sur Nevers, chiffre qui contraste brutalement avec les 4 faïenceries actuelles (bientôt plus que 3 !) avec un nombre dérisoire d’employés (2 décoratrices et un tourneur à temps partiel à la Faïencerie Bleue). Nevers se prêtait bien à cette activité : carrières fournissant la pâte à modeler, le bois pour les fours, la navigation sur la Loire qui amenait les pigments et expédiait les pièces, et s’affirmant au XVIe comme capitale française de la faïence. Maintenant la terre vient de St Arnand en Puisaye avec les ingrédients suivants : argile, kaolin, feldspath, broyés malaxés et filtrés.

 

 

 

 

 

 

 

 

      

                  La décoratrice                                    le tour                            différents  moules

 

Plusieurs procédés sont utilisés pour modeler les pièces : le tour pour les pièces rondes ; - le moule d’estampage pour les autres formes ; le moule de coulage avec la pâte liquide, la barbotine ; - ou encore le modelage à la main. Les pièces, qui sont creuses, ne doivent être ni trop minces ni trop épaisses en raison du risque de cassure. Puis les pièces restent 3 semaines au séchage attesté par le changement de couleur du gris vert au blanc par la perte d’eau. Ensuite, polissage (rachevage) avec une éponge abrasive. La pièce séchée qui reste fragile est chauffée au four à 1200°C par paliers pendant 8h. Pour la faïence blanche on rajoute de la craie, pour la faënce rouge, ajout d’oxyde de fer. On obtient alors une pièce intermédiaire appelée biscuit ou tesson.

 

      

Emaillage de la pièce      nettoyage avec une queue de lapin                          Signature                              Chat au nœud vert


Les pièces sont trempées dans une sauce d’émail qui s’absorbe dans le support poreux. Après séchage  les traces et aspérités sont enlevées avec une « queue de lapin ». Une 2è cuisson à 800°C pendant 8h permet à l’émail de se vitrifier et de révéler le bleu de cobalt. Enfin une 3è cuisson de 8h à 380°C après la décoration. La décoration se fait avec des pinceaux recoupés (coût de 150E l’un). Les motifs sont fait à main levée  ou avec un « poncife » (feuille transparente pour faire la base du motif à l’aide de trous révélés avec du charbon). La spécialité de Nevers est le bleu très foncé avec une signature « nœud vert ». Selon Laétitia, issue de l’école de Longchamp, les activités contemporaines sont l’accueil de stagiaires (comme cette jeune fille, élève en design du lycée Alain Colas), assiettes de décoration traditionnelle, nouvelles assiettes plus modernes (environ 10-15 exemplaires par jour), activité de restauration, etc.

   
                                        Pinceaux et pots de pigments                              Objet prêt pour la décoration

 

 

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