Voyage d’automne de la section AMOPA-21

 

Voyage dans les Pouilles du 20 au 28 septembre 2016

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            C’est bien avant le lever du soleil que 40 voyageurs se sont retrouvés à Gevrey-Chambertin le mardi 20 septembre. Le groupe AMOPA, étoffé par des amis et parents, comptait 32 personnes, dont un couple d’amopaliens de la section l’Yonne, et a reçu le renfort bienvenu de 8 clients de notre voyagiste fidèle, JIP-TOURS. Nous avons dû attendre une voyageuse un peu perdue et le départ s’en trouva retardé d’un quart d’heure. Direction aéroport de Genève via Poligny. Nouveau contretemps à Poligny où le chauffeur découvre que la route est interdite aux véhicules de gros gabarit. Obligation de faire demi-tour et de rejoindre l’A39 direction Bourg-en-Bresse, puis l’A40 direction Genève. Le stress commence à poindre : arriverons-nous à temps, compte tenu des délais d’enregistrement des bagages et de contrôle policier et des embouteillages causés par l’arrivée des travailleurs frontaliers dans l’agglomération genevoise ? Ceux qui rêvaient déjà à un café croissant avant le décollage commencent à déchanter. Finalement les formalités furent facilement expédiées et nous voilà partis pour un vol d’1 heure 45. Les passagers qui bénéficient d’un hublot ont pu admirer le survol des Alpes (massif du Mont-Blanc, Cervin), puis les collines et montagnes de l’Italie centrale, la côte adriatique, le survol du Gargano et l’arrivée sur Brindisi.

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      Les alpes suisses le (Cervin)                                                  Brindisi

            A la sortie de l’aéroport nous faisons connaissance de notre guide locale pour la demi-journée, Antonella, et de notre chauffeur, Mario, qui nous accompagnera jusqu’à Naples et se révèlera un conducteur aimable et souriant, calme et prudent sur des routes parfois étroites ou dans des traversées de villes semées d’embûches. Notre première destination est un restaurant situé à côté du port à Brindisi, où nous dégustons les inévitables « pasta » et une  « fritura mista » bienvenue et succulente. Promenade digestive ensuite à la découverte de quelques curiosités historiques et architecturales de cette ville, qui fut l’un des points d’embarquement des Croisés pour la Terre sainte. En haut d’un escalier dominant le port, nous pouvons admirer une des deux colonnes (une copie, l’originale se trouvant au musée archéologique) qui marquaient le terminus de la via Appia venant de Rome.

 

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Colonne de la via Appia  et chapiteau

 

Nous grimpons ensuite jusqu’à la cathédrale romane reconstruite au 18ème s. et admirons la loggia Balsamo, construite au 14ème s. C’est un balcon de pierre de bel appareillage finement décoré.

 

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Un coup de cœur ensuite en découvrant l’église Saint Jean du Sépulcre, un édifice circulaire dont la construction fut ordonnée en 1099 par un seigneur normand, Bohémond de Hauteville, pour célébrer la conquête de Jérusalem. C’est un rappel de la rotonde de l’église du Saint Sépulcre de Jérusalem. Une fois franchi le porche, flanqué de deux colonnes et surmonté d’un fronton triangulaire, nous débouchons dans un espace récemment et partiellement restauré, de forme octogonale, avec deux rangées de huit colonnes et des vestiges de fresques remis au jour à cette occasion, dont les décorations symboliques gardent beaucoup de mystères.

 

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            Nous poursuivons notre route jusqu’à Lecce où nous nous installons pour deux nuits à l’Hôtel Président, situé à un quart d’heure à pied du centre-ville.

 

            Après une nuit réparatrice, nous faisons connaissance mercredi matin de notre guide, Valentina, qui nous accompagnera jusqu’à notre départ pour Naples le 26 septembre. La matinée est consacrée à la découverte pédestre du centre ville qui va révéler plusieurs surprises, dont l’une sera dommageable à une de nos voyageuses.

 

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Après avoir admiré la place Saint Oronce, patron de la cité, dont la statue est perchée sur l’une des deux colonnes qui marquaient le terme de la via Appia à Brindisi, puis l’ancien amphithéâtre romain du 1er s. après J.-C., une bordure de trottoir mal appréhendée va mettre un terme au voyage de notre secrétaire-adjointe. Sa chute malencontreuse va provoquer une fracture du pied et entraîner un passage aux urgences de l’hôpital de Lecce, puis son rapatriement à Dijon le lendemain pour y être opérée en terrain connu.

 

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            La visite se poursuit par l’église Sainte Irène, vierge et martyre, qui comporte de somptueux autels baroques, dont le maître-autel en marqueterie de marbre et quelques « putti » joufflus et fessus. Sur la façade, une statue de louve (sans les célèbres jumeaux romains) au pied d’un chêne-vert représente les armoiries de la ville.

 

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Nous gagnons ensuite la place de la cathédrale, édifice du 17ème s. et son campanile dus à l’architecte Giuseppe Zimbalo (1617-1710), avec, en vis-à-vis, le palais épiscopal contemporain et le palais du Séminaire du début du 18ème s.

Notre guide nous emmène ensuite à la basilique Santa Croce des 16ème et 17ème siècles, construite à la suite de la victoire de Lépante en 1571. C’est le monument le plus représentatif du style baroque à Lecce et du talent de la dynastie des Zimbalo, architectes et sculpteurs de grande renommée. Une façade fastueusement décorée, un long balcon soutenu par des atlantes et des cariatides zoomorphes, et une rosace centrale, véritable dentelle de pierre.

 

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                                                                                               Basilique Santa Croce

            Nous rejoignons l’hôtel pour y déjeuner avant de prendre la direction d’Otrante et de découvrir une campagne cultivée où les oliviers sont omniprésents. Le château aragonais du 15ème s. de forme pentagonale, a été construit par Ferdinand d’Aragon sur des fortifications datant de Frédéric II. Partie intégrante du système défensif de la ville, il fut modifié au début du 19ème s. par les troupes napoléoniennes. N’oublions pas que le révolutionnaire Fouché, ministre tout-puissant de la police impériale, fut fait duc d’Otrante par Napoléon 1er. Restauré récemment, le château offre une vue panoramique sur la vieille ville et le port. Il abrite des expositions temporaires et nous avons l’occasion d’y admirer les photos de Steve Mac Curry et notamment ses célèbres portraits de femmes d’Afghanistan et du Yémen.

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             Otrante château Aragonais                                      la cour                                                                    Panorama depuis la terrasse du château

 

Mais le véritable trésor artistique d’Otrante se trouve dans sa cathédrale construite au 12ème s. et remaniée au 15ème s. Celle-ci possède en effet un magnifique pavement de mosaïque réalisé entre 1163 et 1165 par le prêtre Pantaleone, centré sur un « Arbre de Vie » qui occupe toute la longueur de la nef centrale, soutenu par deux éléphants indiens. Ses branches sont ornées de bestiaires médiévaux, de héros de poèmes chevaleresques, d’images mythologiques, des signes du Zodiaque et des scènes bibliques. On y découvre aussi bien Alexandre le Grand, Adam et Eve, Caïn et Abel, Atlas, la Tour de Babel, des amazones, un chat botté, dans des formes simples et colorées ; un chef-d’œuvre unique qui ferait presque oublier la splendeur du plafond de bois à caissons finement sculptés et richement décorés.

 

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                         Cathédrale                                                            Arbre de Vie                                          Tour de Babel                                  

 

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Alexandre le Grand                         Le roi Arthur                                       Plafond et détail                

 

            La pluie orageuse nous surprend à la sortie de la cathédrale et nous presse de rejoindre notre car pour gagner Gallipoli. Nous coupons ainsi d’est en ouest le « talon de la botte » pour passer de la mer Adriatique à la mer Méditerranée et son prolongement local, le golfe de Tarente. La « belle cité » (kalé polis en grec), domine d’un côté un port de pêche et de l’autre une plage. Sous un ciel d’orage menaçant, les couleurs sont superbes, ocre du sable, vert et bleu de la mer, et les lueurs d’un coucher de soleil furtif à l’horizon. Nous pénétrons dans la cathédrale Sainte Agate, point culminant de la vieille ville, construite à partir de 1629 sur le site d’une ancienne église romane. Le baroque y triomphe et on retrouve ici encore le travail de Giuseppe Zimbalo. Retour ensuite à Lecce pour notre seconde et dernière nuit.

 

 

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Eglise Sainte Agathe

 

            Jeudi matin, départ pour une journée particulièrement variée et contrastée avec un passage dans la province de Basilicate pour y découvrir Matera. La route nous conduit en direction de l’ouest, traversant les vergers d’oliviers frappés depuis 2013 par une bactérie, la « Xylella fastidiosa » dont les vecteurs sont des insectes de la famille des cicadelles. Le mal part de la cime, descend vers le tronc et infecte tout l’arbre qui perd son feuillage et finit par mourir. Les vergers ainsi atteints offrent un paysage de désolation. Si aucune solution de prévention ou d’endiguement du mal ne réussit, il faudra se résoudre à appliquer les directives de l’Union européenne : l’arrachage et le brûlage des arbres malades et de leurs voisins dans un rayon de 100 m. Un million d’arbres sont ainsi menacés et cette province risque de subir un désastre environnemental et économique, l’oléiculture représentant ici 30 % de la production totale de l’Italie.

 

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                    Oliveraie atteinte de la bactérie                                                         Aciéries de Tarente

 

            La route nous fait longer l’agglomération de Tarente et notamment les immenses aciéries, les plus grandes d’Europe, mais aujourd’hui en crise et responsables d’une pollution sérieuse qui marque le paysage d’une couleur rouille assortie de senteurs incommodantes… Nous approchons de Matera par les quartiers récents et sans âme. Notre car nous dépose et nous faisons connaissance de notre guide locale, Maria Teresa, qui nous conduit Piazza Pascoli, devant le Palazzo Lanfranchi du 17ème s. ancien siège du séminaire.

 

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                                                                   Matera et ses Sassi                                                                                Eglise ‘’ Santa Maria alle Malve’’

Quelques pas sur la place et c’est la découverte soudaine d’un panorama « à couper le souffle » sur la ville ancienne et ses « Sassi ». Creusées dans le tuf du plateau de la Murgia sur les flancs du ravin de la Gravina, des grottes naturelles ont été aménagées, agrandies et peuplées depuis le néolithique. Toute une architecture souterraine d’habitations troglodytiques, des maisons étagées et étroitement imbriquées constituent un ensemble qui a été classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 1993. C’est le récit autobiographique de Carlo Levi, médecin et activiste politique mis en résidence dans cette région par le régime mussolinien en 1935, « le Christ s’est arrêté à Eboli » paru en 1945, qui va révéler la grande misère de cette partie du Mezzogiorno. La loi de Gasperi ordonne alors le déplacement et le relogement de la population qui compte en 1952 entre 16.000 et 20.000 habitants dans de nouveaux quartiers de Matera. La réhabilitation de la partie ancienne commence dans la décennie 1980 et se poursuit toujours. Un peu plus de 2.000 personnes vivent à nouveau dans les Sassi, devenus une destination touristique et un lieu de tournage pour de nombreux films d’inspiration biblique, tant les paysages rappellent Jérusalem et la Judée.

            Nous descendons avec précaution (l’accident de Lecce est dans tous les esprits) les ruelles, escaliers, découvrons les « voisinages », ces lieux où l’on se retrouve le soir entre voisins, les canalisations en terre cuite, la nouvelle rue construite à l’emplacement de ce qui fut un égout à ciel ouvert. Nous nous dirigeons vers le « Sasso Caveaso » pour voir une maison troglodyte traditionnelle au mobilier reconstitué, et visitons ensuite une église rupestre, « Santa Maria alle Malve », creusée dans la roche au 9ème s. et possédant des fresques de la seconde moitié du 13ème s. et du 14ème s.

Notre déjeuner est prévu dans un restaurant de la ville ancienne, avec vue panoramique, et débute avec une soupe de pois chiches, fèves et blé cassé.

 

Diapositive38 Locorotondo

 

 

Nous regagnons le car pour reprendre notre route qui nous conduit à Locorotondo pour visiter une cave coopérative fondée il y a 80 ans. Après la présentation de cette entreprise, quatre vins sont proposés à la dégustation : blanc, rosé et deux rouges. Le programme était alléchant mais ne se révéla pas en adéquation avec l’exigence des papilles bourguignonnes.

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                          Un ‘’Trullo’’ en pleine campagne près d’Alberobello                                Symboles peints sur les couvertures coniques des ‘’Trulli’’

 

L’étape suivante nous conduit à Alberobello pour le dernier temps fort de cette journée qui restera mémorable. Nous traversons en effet la « Terra dei Trulli », ces constructions de pierres sèches, coiffées de couvertures coniques en tuiles également en pierre, surmontées de pinacles aux formes curieuses et variées et ornées souvent de symboles peints en blanc dont la signification demeure incertaine (religieuse, magique, astrologique, ornementale, publicitaire). Cela rappelle nos bories de Provence et nos cadoles bourguignonnes.

 

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Alberobello

On les trouve isolées en pleine campagne ou regroupées en villages. Alberobello est une exception remarquable avec un ensemble de 1.400 trulli répartis sur deux collines. L’Aia Piccola, ensemble résidentiel traditionnel, et  le Rioni Monti, quartier hautement touristique avec de nombreuses boutiques de souvenirs, dominé par l’église Saint Antoine, elle-même surmontée d’une coupole en pierres sèches. Plusieurs d’entre nous ont même la chance d’assister à la sortie d’un couple de nouveaux mariés dans ce lieu original et unique.

Notre car nous conduit ensuite près de la côte adriatique, dans la petite ville de Noicattaro, à l’est de Bari, où nous allons passer deux nuits dans l’Una Regina Hôtel situé au milieu d’un petit parc arboré et fleuri de jacarandas et de poivriers à baies roses.

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