Voyage d’automne de la section AMOPA-21

 

 

 

VOYAGE AU PORTUGAL du 11 au 18 octobre 2018

 

  Ce jeudi 11 octobre, départ matinal (5h10) de Gevrey-Chambertin où nous abandonnons nos voitures pour nous regrouper dans un bus qui nous conduira à l’aéroport d’Orly.

  Philippe Engasser de l’agence Jip-Tours nous accueille et nous annonce qu’il ne pourra, cette fois, nous accompagner en raison de soucis de santé ; il nous présente un autre Philippe, jeune homme aimable et dévoué.

  Nous récupérons notre Président, Bernard DECARIS, à Pouilly en Auxois avant de nous engager sur l’autoroute A6. Mais, à hauteur de Joug- la-Ville(Yonne), notre bus rejoint une file ininterrompue de véhicules à l’arrêt sur les deux voies de l’autoroute. Il nous faudra attendre plus d’une heure avant que la circulation ne soit rétablie (accident de poids lourds).

  Puis nous sommes invités à quitter l’autoroute au niveau de Sens et à suivre les panneaux « déviation ». Ces pérégrinations nous conduisent à rejoindre la banlieue sud-est de Paris (Créteil).

  Nous arrivons à l’aéroport d’Orly alors que la phase d’embarquement pour notre avion est close. Nous retrouvons nos coéquipiers nivernais qui, eux, étaient bien à l’heure mais attendaient le « gros des troupes ».

  Après accord téléphonique de l’agence Jip-Tours, notre accompagnateur nous invite à rejoindre le restaurant Ibis de l’aéroport où nous apprécions un bon repas. Philippe nous apprend alors que nous pourrons rejoindre Lisbonne par un avion de la compagnie portugaise T.A.P. en soirée (20h).

 

  A notre débarquement à Lisbonne, nous sommes accueillis par Margarita, qui sera notre charmante guide durant toute cette semaine de découverte du Portugal, et Joseph, notre chauffeur.

Il est près de 23h lorsque nous arrivons à l’hôtel Mercure de Lisbonne, où, malgré l’heure tardive, nous avons la possibilité de nous restaurer.

 

  Le lendemain matin, nous reprenons le bus pour effectuer une visite guidée de la capitale portugaise.

  S’étendant  sur sept collines, Lisbonne abrite 650 000 habitants ou 3 millions si l’on inclut les « banlieusards ».

  Margarita nous dresse d’abord un panorama historique de son pays ; ce petit pays du bout de l’Europe a vu défiler son lot de conquérants et de souverains étrangers.

 

  Au cours du premier millénaire avant Jésus-Christ, des petits groupes de Celtes essaiment en Ibérie pour se fixer dans la partie nord et occidentale de l’actuel Portugal.

Au sud, des marchands phéniciens entraînent Grecs et Carthaginois dans leur sillage, établissant des comptoirs côtiers et des sites d’extraction de métaux dans l’arrière-pays.

  En 197 avant Jésus-Christ, au sortir de la 2ème guerre punique, après avoir vaincu Carthage, les Romains envahissent le sud de l’actuel Portugal. Malgré une résistance farouche des Lusitaniens, peuple celte établi entre les rives du Tage et du Douro durant un demi-siècle, les romains l’emportent.

  En 60 avant Jésus-Christ, Olisipo (Lisbonne) devient la capitale d’une province prospère et fortement romanisée. Les romains lèvent l’impôt pour construire routes et ponts ; ils cultivent la vigne et conservent le poisson en le salant et en le séchant.

  Lorsque survient la chute de l’Empire romain d’occident, au Vème siècle, les habitants de l’actuel Portugal ont connu 600 ans de domination romaine. Ils héritent d’infrastructures mais aussi du blé, de l’orge, des oliviers et de la vigne, ainsi que d’immenses propriétés agricoles « Latifundia » (que  l’on trouve encore dans l’Alentejo). Les habitants conservent également le système judiciaire et surtout une langue dérivée du latin.

  Franchissant  la barrière des Pyrénées, les Vandales, les Alains, les Suèves et les Wisigoths comblent bientôt le vide laissé dans la péninsule. Des querelles intestines chez les Wisigoths ouvrent la voie à une nouvelle grande invasion, celle des Musulmans venus d’Afrique du nord : les Maures.

 

  Sous leur règne, les habitants du sud connaissent la paix et la prospérité. Au nord, les forces chrétiennes se recomposent et lancent des attaques jusqu’à Porto.

  Il faut attendre le XIème siècle pour que la reconquête chrétienne (reconquista) atteigne son plein essor.  En 1085, Alphonse VI, le roi de Léon et de Castille, bat les Maures à Tolède mais la lutte est longue malgré le soutien des Croisés venus de toute l’Europe et celui d’Henri de Bourgogne.

  En 1139, son petit-fils, Alphonse Henriques remporte la bataille d’Ourique (Alentejo) contre les Maures et se proclame roi du Portugal. A sa mort, en 1185, la frontière portugaise est défendue jusqu’au Tage mais il faudra encore un siècle pour que le Portugal arrache le sud aux Maures.

  Avec la reconquête, de puissants ordres militaires et religieux, comme les Templiers, s’installent au Portugal.

  En 1211, les Cortès (le Parlement), qui rassemblent la noblesse et le clergé, se réunissent pour la première fois à Coimbra, alors capitale. C’est en 1256 que Lisbonne succèdera à Coimbra comme capitale.

  En 1348, la peste noire atteint le Portugal. Comme ailleurs en Europe, l’épidémie est dévastatrice et tue une personne sur trois.

  En 1385 a lieu une bataille décisive au cours de laquelle Jean d’Aviz (Jean 1er) doit affronter une puissante armée de Castillans à Aljubarrota. Ce dernier fait vœu de construire un monastère en cas de victoire. Grâce au génie militaire de leur chef, le brillant Nuno Alvares, les Portugais mettent les Espagnols en déroute.

  La victoire apporte l’indépendance et en 1411, Jean 1er honore son serment (voir plus loin : monastère de Batalha).

  Encouragé par ses fils, Jean 1er oriente bientôt son effort militaire vers l’extérieur. Le Maroc constitue une cible évidente et en 1415, Centa succombe aisément à l’assaut du roi et de son troisième fils, Henri le Navigateur. C’est le début de l’âge d’or dans l’histoire du Portugal.

 

  Les progrès de la construction navale donnent naissance à la Caravelle, vaisseau rapide qui révolutionne la navigation.

  C’est en 1498, sous le règne de Manuel 1er, que Vasco de Gama atteint le sud de l’Inde.

 L’enthousiasme du roi pour les expéditions maritimes et pour ce qu’elles lui rapportent est tel qu’il

ordonne la construction de nombreux édifices à leur gloire. Pour exemple, le monastère des Hiéronymites construit dans le quartier de Belém qui lui servira plus tard de panthéon. Le style architectural manuélin témoigne de l’opulence de cette époque.

  L’Espagne, cependant, s’est également lancée dans les explorations et ne tarde pas à disputer les prétentions portugaises (découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492).

En raison d’un conflit avec Manuel 1er, le navigateur portugais Fernand de Magellan passe au service de l’Espagne.

  Pour le Portugal, le coût engendré par le maintien d’un empire excède rapidement les bénéfices qu’il en retire.

  Le jeune prince Sébastien monte sur le trône et en 1578, son expédition armée au Maroc se solde par un désastre à la bataille de Ksarel-Kebir (3 rois). Il y meurt sans héritier et son oncle, le cardinal Henrique, vide les coffres du trésor pour payer les rançons des prisonniers.

  A sa mort, Philippe II d’Espagne (Philippe 1er du Portugal) prend les armes pour conquérir le trône.

Son avènement marque la fin d’un âge d’or pour le Portugal.

  Après la domination espagnole exercée sous Philippe II et Philippe III, le Duc de Bragance s’installe sur le trône ; il est couronné sous le nom de Jean IV.

  Menacé par une Espagne hostile, le Portugal se met en quête d’alliés. Jean IV marie sa fille, Catherine de Bragance avec Charles II d’Angleterre.

  Les successeurs de Jean IV mènent une politique absolutiste (Jean V, admirateur de Louis XIV).

Premier ministre de Joseph 1er (roi épicurien), le Marquis de Pombal, un des hommes d’état les plus révérés et redoutés, fait beaucoup pour consolider le pouvoir royal. Partisan d’un despotisme éclairé, il modernise le pays mais réprime toute opposition.

  En 1755, Lisbonne subit une catastrophe naturelle sans précédent : un tremblement de terre suivi d’un raz de marée et d’un incendie. Le marquis de Pombal fait rapidement reconstruire la ville.

Anticlérical, Pombal est promptement évincé par la dévote Marie 1ère, fille de Joseph 1er qui accède au trône en 1777.

  En 1793, le Portugal joint ses forces navales à celles de l’Angleterre en guerre contre la France révolutionnaire. Napoléon réplique en envahissant le Portugal en 1807. La famille royale portugaise s’enfuit au Brésil où elle demeurera 14 ans et les troupes de Napoléon investissent Lisbonne.

  Charmé par le Brésil, Jean IV fait de Rio de Janeiro la capitale du nouveau royaume uni de Portugal, du Brésil et des Algarves.

  En 1822, Jean VI retourne au Portugal récupérer son trône. Au Brésil, son fils, futur Pierre IV, prend la tête d’un coup d’état et se fait nommer Empereur. Après une période particulièrement instable, proche de la guerre civile, la seconde moitié du XIX ème siècle est une période faste pour le Portugal qui apparaît alors comme l’une des sociétés les plus avancées d’Europe méridionale :   réforme en profondeur du système éducatif, abolition de la peine de mort et de l’esclavage dans les colonies, formation professionnelle pour les détenus.

  Cependant, vers 1900, le mécontentement enfle dans la classe ouvrière. Beaucoup cherchent dans le socialisme un remède aux inégalités sociales. Les républicains sont de plus en plus populaires dans les classes moyennes.

 

  Après l’assassinat à Lisbonne en 1908 du roi Charles 1er et du prince héritier Louis-Philippe, son fils cadet Manuel II monte sur le trône d’où il sera promptement délogé. Le 5 octobre 1910, la République est proclamée après un soulèvement d’officiers.

 

  La participation du Portugal à la 1ère guerre mondiale aux côtés des alliés se révèle désastreuse pour une économie qui entre dans une longue récession.

  La jeune république est l’un des régimes les plus instables d’Europe. De 1910 à 1926, quelques 45 gouvernements se succèdent. En 1926, un énième coup d’état  impose de nouvelles personnalités parmi lesquelles un certain Antonio de Oliveira Salazar.

Ministre des finances, il devient 1er ministre en 1932, fonction qu’il occupera pendant 36 ans.    

  L’économie connaît une embellie  mais le régime exerce une impitoyable censure.

C’est la décolonisation cependant qui sonne le glas du régime. Victime d’une attaque cardiaque, en 1968, Salazar meurt deux ans plus tard.

  Son successeur, Marcello Caetano ne peut apaiser la grogne.

Proches des indépendantistes africains et lassés des guerres coloniales, plusieurs centaines d’officiers forment le Mouvement des forces armées et mènent un coup d’état le 25 avril 1974 à Lisbonne, sans effusion de sang. C’est la Révolution des Œillets,  ainsi nommée car les soldats victorieux placent un œillet au bout de leur fusil.

 

  Après une période d’agitation sociale, une ère de calme relatif débute en 1976 quand le Portugal adopte une nouvelle constitution et organise ses premières élections parlementaires. Le Général Antonio Ramalho Eanes est élu Président la même année et contribue à démocratiser le pays. Il choisit le socialiste Mario Soares comme Premier ministre. Les années qui suivent sont marquées par l’alternance au pouvoir des grands partis politiques.

  En 1986, le Portugal entre dans la Communauté économique européenne, en même temps que l’Espagne. Grâce aux aides financières accordées par la C.E.E., son économie connaît une croissance rapide qui ne durera toutefois pas longtemps. En 1992, les barrières commerciales de la C.E.E. sont levées et le Portugal se trouve confronté à une nouvelle concurrence.

  Après une courte période de croissance économique soutenue, le deuxième millénaire voit le Portugal entrer dans une période de stagnation économique.

 

 

 

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