VOYAGE AU PORTUGAL du 11 au 18 octobre 2018 suite

 

 

Affichage de photo 1.JPG  Au matin du 2ème jour, nous commençons la visite de Lisbonne par un arrêt à un belvédère qui nous offre une belle perspective sur le Parc Edouard VII, la place du Marquis de Pombal où se dresse un imposant monument à sa gloire, la Baixa et, au lointain, le Tage (photo 1).

 

       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2018 P 02La place s’ouvre sur l’avenue de la Liberté où nous admirons, entre autres bâtiments, l’Eden Teatro conçu    par l’architecte Cassiano Branco, inauguré en 1937 et qui conserve une partie de sa façade Art Déco (photo 2). Puis nous apercevons, au passage, la façade néo manuéline (19ème siècle) de la gare du Rossio présentant de grandes ouvertures en fer à cheval.

  La place Dom Pédro IV ou Rossio, grande place animée du quartier de la Baixa, existe depuis le 13ème siècle et fut le témoin de nombreux autodafés. Sa configuration actuelle est l’œuvre de Pombal. En effet, une grande partie de la ville fut dévastée le 1er novembre 1755 par trois importantes secousses sismiques suivies d’un gigantesque incendie et d’un tsunami qui coûtèrent la vie à près d’un tiers de la population. La reconstruction fut entamée immédiatement après, selon un style architectural simple, économique et antisismique, à l’origine du plan quadrillé actuel du quartier central de Baixa, principal quartier commerçant de Lisbonne.

  Toutes les rues reliant le Rossio à la place du Commerce bordée par le Tage portent des noms de corporations comme la rue des Selliers, la rue des Cordonniers. Les trois principales sont la rue de l’Or, la rue Augusta large et élégante rue piétonne et la rue de l’Argent.

  C’est à cet endroit, face à l’estuaire du Tage, que se dressait le Palais royal démoli par le tremblement de terre. En souvenir, les Lisboètes appellent toujours cette grande place « Terreiro doPaço », c’est à dire Terrasse du Palais.

 

 

2018 P 03  Un arc de triomphe de style baroque (19ème siècle) forme un fond à la statue équestre du roi Joseph 1er qui trône au centre de la place (photo 3).

  Puis nous flânons à travers le dédale de ruelles de l’Alfama, autrefois quartier de marins et de pêcheurs, bordé au nord par les murailles du château. Les maisons sont décorées de balcons en fer forgé et de panneaux d’azulejos, ces carreaux de faïence peinte (de l’arabe al zulaycha = pierre polie). Les Maures qui les avaient découverts chez les Perses, sont à l’origine de leur introduction au Portugal.

 

 

 

 

 

 

 

2018 P 04 Les premiers azulejos portugais de type mauresque et importés au XVI ème siècle de Séville, sont décorés de motifs géométriques et floraux. Nombreux sont également les panneaux d’azulejos représentant le plus souvent la Vierge entre Saint Antoine et Saint Martial (photo 4).

 

  Après le repas de midi, nous nous dirigeons vers le quartier de Belem et nous nous arrêtons pour visiter le Musée national des carrosses où est réunie l’intégralité de la collection des voitures royales. C’est un bâtiment inauguré en 2015, dû à l’architecte brésilien Paulo Mendes da  Rocha, prix Pritzker 2006, qui abrite et met en valeur cette collection unique au monde de carrosses et voitures diverses du XVIème au XXème siècle (photos 5 et 6).

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2018 P 07  Puis nous nous rendons au Monastère des Hiéronymites, inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO (photo 7). C’est sur l’emplacement d’un ermitage fondé par Henri le Navigateur que le roi Manuel 1er ordonna sa construction pour célébrer la découverte de la route des Indes par Vasco de Gama, en 1498.

  Bénéficiant de l’afflux de richesses à Lisbonne, les architectes purent se lancer dans une œuvre de grande envergure. Sa construction débuta en 1502 mais ne s’acheva que près d’un siècle plus tard.

Le français Boytac adopta le style gothique, mais après 1517, ses successeurs le modifièrent et y ajoutèrent l’appareil ornemental caractéristique du style manuélin.

  Erigé à la gloire de Dieu, le monastère des Hiéronymites fut d’abord habité par les moines de l’ordre de Saint Jérôme (d’où son nom), dont l’œuvre spirituelle consista, quatre siècles durant, à prodiguer du réconfort aux marins et à prier pour le salut du souverain. A la dissolution de l’ordre, en 1833, le monastère fut reconverti en école et en orphelinat et le resta jusqu’aux années 1940. C’est ici que fut ratifié, en 2007 le Traité de Lisbonne.

 

 

 

 

 

2018 P 08  Le portail latéral sud de l’église Santa Maria présente un foisonnement de gâbles, de pinacles et de niches garnies de statues (photos 8 et 9). A l’intérieur, les colonnes plus ou moins massives semblent pousser comme des troncs d’arbres jusqu’à la dentelle de pierre arachnéenne du plafond (photo 10).

 

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2018 P 11Sous la tribune, à l’entrée de l’église, se trouvent les tombeaux neomanuélins de Vasco de Gama (photo 11) et de Luiz Vaz de Camoes, poète vénéré du XVIème siècle dont le gisant est couronné de lauriers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  Le chœur, qui a été reconstruit à l’époque classique, abrite les tombeaux des rois Manuel 1er et Jean III et de leurs épouses (photo 12) tandis que les bras du transept renferment plusieurs tombeaux d’infants (photo 13).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2018 P 142018 P 15 Le cloître est considéré comme un chef d’œuvre de l’art manuélin. Quadrilatère de 55 m de côté, il comprend deux étages (photo 14) et des voûtes magnifiques (photo 15).

  On est saisi par la profusion de motifs organiques, qu’il s’agisse de tourelles en forme de conques marines ou de colonnes aux entrelacs de feuilles et de vigne, de gargouilles. C’est une conjugaison originale de symboles divers qui nous est proposée : religieux (instruments de la passion du Christ), royal (croix de l’ordre militaire du Christ, sphère armillaire, boucliers et emblèmes royaux).

 

 

 

 

 

 

 

 

  L’après-midi se termine par la visite de la Tour de Belem, élégante tour manuéline bâtie entre 1515 et 1519, au milieu du Tage pour défendre son embouchure et le monastère voisin.

En raison du déplacement du cours du fleuve au moment du tremblement de terre de 1755, elle se trouve désormais au bord d’une plage (photo 16). C’est de Belém (traduction en portugais de Bethléem) que partirent les vaisseaux qui se lançaient à la découverte des terres et des continents inconnus.

 

2018 P 16

 

  A la tour carrée, aménagée pour l’artillerie, est accolée une plate-forme dont les créneaux, décorés d’écussons, portent la croix de l’ordre du Christ.

  Elle constitue un véritable petit bijou de l’architecture, où la construction romano-gothique s’orne de loggias qui rappellent Venise et de dômes qui évoquent le Maroc où avait  voyagé son architecte Francisco de Arruda.

 

 

 

 

2018 P 18

 

 

 

 

 

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 On retrouve les armes du roi  Manuel et deux sphères armillaires (photos 17 et 18).

 

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 La tour compte cinq étages et se termine par une terrasse (photo 19) d’où l’on peut admirer le Tage et les environs et,  en particulier, le monument des Découvertes (photo 20), œuvre du sculpteur Leopoldo de Almeida, haut de 52 m, qui fut élevé en 1960, à l’occasion du 500ème anniversaire de la mort de Henri le Navigateur. Il représente une proue de navire sur laquelle l’infant ouvre la voie à une foule de personnages parmi lesquels le roi Manuel portant la sphère armillaire.

  Quant au pont suspendu qui ressemble, à s’y méprendre, au Golden Gate Bridge de San Francisco, il a été construit par la même entreprise en 1966. Il s’appelait Ponte Salazar jusqu’à la révolution des œillets en 1974 lorsqu’un manifestant remplaça Salazar par « 25 avril » (photo 21).

 

 

2018 P 21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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