Soirée d’automne

 

Résumé de l’intervention de Daniel MICARD sur le thème :

 

« Les nouvelles approches de l’innovation au service d’une économie décloisonnée »

 

La notion d’innovation n’est certes pas récente. Si elle est placée aujourd’hui sous le feu des projecteurs, c’est qu’elle entend répondre à de nouveaux enjeux et de nouvelles attentes. N’oublions pas que l’innovation repose avant tout sur la combinaison de la notion de nouveauté mais également de réponse à un marché.

 

Alors, pourquoi innover encore plus qu’hier ?

Nous le constatons tous les jours, nos environnements changent et évoluent de plus en plus vite.

Nous assistons à un raccourcissement de plus en plus marqué des délais notamment sur les durées liées à la mise au point des produits. Parallèlement, dans un contexte en perpétuelle évolution, les durées de vie des produits tendent à se réduire significativement.

 

Dans ce contexte, l’innovation représente une alternative de choix pour conférer un avantage certain à celles et ceux qui souhaitent assurer leur pérennité. Dans une économie mondialisée et dans un environnement concurrentiel exacerbé, chercher à se différencier permet aux entreprises de se positionner durablement sur les enjeux et attentes de demain.

 

Intégrer la notion de changement dans le quotidien de l’entreprise devient donc une impérieuse nécessité et un gage de valeur ajoutée pour l’entreprise.

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           De gauche à droite Messieurs Bernard Decaris et Daniel Micard

 

Qui peut innover ? L’innovation est elle réservée à une élite ?

Bien sûr, des secteurs comme les biotechnologies, les TIC, les  nanotechnologies… sont propices à l’innovation. Mais, ne nous y trompons pas, l’innovation est aussi le lot quotidien de secteurs jugés plus « traditionnels » tels le BTP, les Industries agroalimentaires, le textile, la première transformation du bois…

 

On le constate au quotidien,  la fibre « innovatrice » est équitablement représentée dans les TPE, les PME et les grandes entités industrielles. Force est de constater que, bien plus qu’un secteur industriel ou une taille d’entreprise, l’innovation, c’est avant tout une affaire d’état d’esprit. Tout responsable d’entreprise innovante doit s’employer au quotidien à assurer le développement de la culture de l’innovation au sein de l’ensemble de ses équipes. L’innovation réussie doit être l’affaire de TOUS et se rencontrer à tous les étages de l’entreprise.

 

L’innovation se nourrit d’ouverture et de décloisonnement que ce soit en interne mais également dans les relations que l’entreprise entretient avec son environnement. Les établissements de recherche tout comme les clients, les fournisseurs, les concurrents… de l’entreprise constituent de véritables creusets d’information souvent facilement accessibles dés lors que l’on en prend conscience. Prendre quelques heures pour échanger sur de nouvelles avancées scientifiques, de nouveaux produits plus performants susceptibles d’intéresser l’entreprise, de nouvelles attentes des clients sont loin d’être des investissements à négliger. De telles attitudes sont bien sûr complémentaires d’opérations de veille (brevets, réglementations…) plus formalisées à inscrire dans la durée.

 

Mais que penser de tous ceux qui ont fait le choix de ne pas innover ?

Les blâmer serait injuste. Par contre leur proposer de réfléchir sur les (faux) prétextes pour ne pas s’y engager serait surement salutaire.

 

Qui dit innovation dit changement et ouverture mais également risque d’échec. Il ne faut pas le nier et accepter que l’échec technique, commercial… puisse être au rendez vous. La notion de risque ne doit pas être un frein mais seulement être prise en compte avec rigueur.

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La réticence au changement, le « confort » des situations d’attente, la crainte du risque... constituent des freins puissants à la dynamique d’innovation. L’intégration de l’innovation, c’est une affaire de volonté des responsables de l’entreprise de lutter contre ces préjugés mais surtout d’accepter que demain sera différent d’aujourd’hui. Nos jeunes générations Y, Z  l’ont bien compris et c’est très bien ainsi.

 

Comment innover ?

Avant de parler de ressources et de moyens, il est important de bien préparer le terrain en créant un véritable contexte propice à l’innovation.

Cela commence souvent par le fait d’afficher l’innovation comme un déterminant majeur des valeurs de l‘entreprise et d’en faire l’affaire de tous à chaque étage de l’entreprise. Cela se traduit par la rupture des compartimentations internes et la pratique de la « fertilisation croisée ».

 

Des solutions simples existent. Toute initiative visant à mettre en place des espaces de dialogues entre parties prenantes internes et externes à l’entreprise pour susciter la communication et l’enrichissement réciproque doit être privilégiée.

 

Quelles sont les ressources nécessaires à l’innovation ?

La connaissance de l’environnement juridique (brevets…), réglementaire, fiscal, marchés… constitue un préalable indispensable pour asseoir une politique d’innovation et effectuer les meilleurs choix. Couplée à des démarches de créativité, elle contribue efficacement à susciter l’émergence d’idées nouvelles. N’oublions pas que ce n’est pas en « améliorant la bougie que l’on a inventé l’ampoule électrique ».

 

3 ressources sont généralement requises pour mener à bien une démarche d’innovation :

·         Les ressources humaines (techniques, commerciales, production…) ;

·         Les ressources technologiques (équipements, infrastructures…) ;

·         Les ressources financières…

 

Dans le continuum du développement d’un nouveau concept qui va de l’idée au produit, des étapes telles que la formalisation du projet, la réalisation d’une maquette ou d’un prototype, le lancement industriel et commercial des produits/services innovants jalonnent une telle démarche. Gardons nous cependant de penser que le « processus » d’innovation est un processus linéaire intangible. C’est une démarche progressive qui souvent nécessite des allers-retours afin de corriger le tir si besoin.

 

Au delà des ressources évoquées ci-dessus, une organisation souple, réactive et adaptative ainsi qu’un management orienté dans une logique de conduite de projet apparaissent tout aussi importants que les ressources proprement dites dans la réussite du projet.

 

Concernant les ressources, l’attention du coordinateur de projet devra se focaliser sur le savant dosage à assurer entre celles qui sont internes (et généralement stratégiques pour l’entreprise, notamment sur le plan technique) et celles qui seront mobilisées à l’extérieur de l’entreprise (pour des raisons de compétences, de coût…).

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                                                Assistance intéressée  à l’écoute de M. Daniel Micard

 

Existe-t-il différents types d’innovation ?

Dans l’échelle de l’intensité de l’innovation, 2 bornes sont identifiées : celles de l’innovation incrémentale et celle de l’innovation radicale (ou de rupture). Dans le premier cas, le produit ne subit pas de modification majeure mais il bénéficie d’une cure de jouvence lui permettant de perdurer sous une forme différente. Quant à l‘innovation de rupture, comme son nom l’indique, elle induit une transformation radicale de l’environnement économique dans lequel elle s’inscrit.

 

Si l’innovation technologique (à l’image du CD qui a avantageusement remplacé le disque vinyle) vient en premier lieu à l’esprit, l’utilisation des TIC et de nouvelles attentes de la part du marché ont permis l’apparition de catégories d’innovation nouvelles telles :

 

Existe-t-il un modèle d’écosystème territorial ou sectoriel propice à l’innovation ?

Depuis plus 30 ans, les pouvoirs publics, au-delà de la promotion d’une culture de l’innovation, se sont employés à créer un écosystème propice à la créativité et au partenariat. Cet écosystème s’appuie sur une diversité d’acteurs : chercheurs, établissements de recherche, créateurs d’entreprises, PME, grandes entreprises groupements…

 

Dans les années 80 et 90, des dynamiques de décloisonnement de la recherche publique au service du développement  économiques ont été engagées.

Ces opérations de partenariat ont été suscitées au travers de dynamiques de filières ou plus récemment de pôles de compétitivité.

Les laboratoires publics réalisent des prestations de recherche et développement pour le compte des entreprises. Des contrats de recherche entre entreprises et laboratoires sous aujourd’hui monnaie courante.

Toutes ces diverses initiatives poursuivent un but commun : créer à l’échelle d’un territoire un contexte cohérent favorable à l’émergence de projets d’innovation dans une logique de fertilisation croisée entre des partenaires aux compétences et ressources complémentaires.

 

Grâce à de telles initiatives, beaucoup de barrières ont été abattues et des relations de confiance se sont instaurées.

 

Gageons qu’en intégrant aux cotés de l’innovation, des approches complémentaires telles les technologies numériques, la dimension internationale, le développement durable, des chantiers importants seront à explorer pour asseoir et consolider l’économie nationale par la compétitivité de nos entreprises. 

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Remerciements de M. Bernard Decaris président de l’AMOPA 21

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