FLORILEGE 2015-2016

 

La récréation : un moment attendu

 

J’entends la sonnerie. C’est l’heure de la récréation. Il pleut et le temps est triste, mais je suis content de retrouver mes camarades.

À quoi va-t-on jouer aujourd’hui ? Un groupe d’élèves, dont je fais partie, propose de danser et chanter. Les autres, curieux, s’avancent, écoutent et regardent. Ils ont très envie de se joindre à nous. Le groupe s’agrandit et bientôt tous les élèves dansent, chantent et font une immense farandole dans la cour de récréation. Soudain, la pluie s’arrête et le soleil brille à nouveau. Un très bel arc-en-ciel se forme et vient illuminer la cour de l’école. C’était un moment merveilleux.

 

 

Léo CANNET

1er prix « Prix d’expression écrite », classe de CM1

École élémentaire d’application Trémouille

18 boulevard de la Trémouille

 21000 DIJON

Professeur : monsieur FEMENIAS

 

 

 

 

La récréation : un moment attendu

 

En classe, nous regardons l’horloge. La trotteuse trotte : tic, tac, tic, tac. Le compte à rebours est lancé dans notre tête : 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, 0 ! L’horloge ne sonne pas. J’étais surpris. Il y a une minute de retard. Je voulais le faire remarquer au maître, mais à ce moment-là, comme par hasard, l’horloge sonne. Je donne mon joker au maître. Le joker, c’est une carte privilège que nous avons à chaque fois que l’on a une bonne note. C’est un peu pour les « premiers de la classe ». Par exemple, mon joker était celui d’avoir plus de récréation (10 minutes, 1 quart d’heure). Nous attendions tous ce moment. Dans les rangs, tout le monde (de ma classe) me remerciait. « Merci, Baptiste », dit Léo. « T’es trop gentil », postillonnèrent Magellan et Esteban en chœur. La classe descend. En récréation nous cherchons des jeux, des jeux traditionnels d’enfants : loup touche-touche, cachot-cachot (un jeu que j’ai inventé), boum-boum, 007, loup glacé, zombie, autruche, et un jeu d’équitation. Parmi tous ces jeux, c’était difficile de se décider. Nous avons choisi. On fait loup glacé. Cinq minutes après, on arrête et on change de jeu. Cette fois c’est moi qui décide. Comme j’adore l’équitation, on joue à un jeu d’équitation. Je dis : « Les enfants, allez chercher des montures ». (En vérité, c’est les enfants les montures) Je suis un poney. On gagne au moins 10 parties. Ce jeu commence à être lourd pour notre dos. Cassandre se cogne contre un poteau. Nous allons la voir. « Ça va, Cassandre ? » de tous les côtés. Ça sonne, on a encore 15 minutes. « Les garçons attrapent les filles ! » cria Méline. Pendant les jeux (les deux parties) Naomi dérape. Ça se passe pareil que Cassandre. Je dis à Léo : « C’est parce qu’il pleut, il fait froid et il y a du verglas ». En attendant, je fais une course avec Léo, puis deux, puis trois, jusqu’à 5. Naomi sortit des toilettes, bien sûr accompagnée de Jade, Dalida, Chloé et Méline et toute la ribambelle. Il n’y a que neuf garçons en classe, donc vous imaginez la galère que l’on a si toutes les filles de la classe se faisaient mal en une seule journée ! Nous avons à peine recommencé la partie que l’on voit un attroupement. Il y avait une dispute de Margot et Sarah, qui finissait en bagarre. Je demandai à Léo ce qui se passait ; il me répondit que c’était une affaire de chaussures. Esteban me dit autre chose. Il me dit : « Margot nous a enlevés de la récréation et Sarah voulait régler ça ». Je lui dis que ce n’était pas une raison de se taper dessus. Il ne m’écouta pas. Je suis entré dans le cercle quand, tout d’un coup, Margot me donna un coup de poing et de deux, un coup de pied. J’étais furieux. Tout le monde criait : « une baston, une baston, une baston ». Je leur dis d’arrêter. Ils se sont tous arrêtés d’un coup. Je dis : « Je vais régler ça autrement ». Je suis allé voir le maître pour lui expliquer la situation. Il m’a dit : « Es-tu sûr que c’est bien Margot ? ». Je lui dis oui. Je sais ce qu’il pensait : « Tu es un peu un rapporteur, Baptiste ! ». Mais il fit ce qu’il m’avait promis. Il lui dit d’arrêter. Je me suis mis debout sur un banc en criant à haute voix : « Venez tous ! ». Je leur ai expliqué quelques règles, ils les comprirent très vite. Quant à Sarah et Margot, elles s’envoyaient des regards noirs. Je savais que l’une des deux finirait par céder. Nous commençons une partie de cachot-cachot. Kiyomosa garde la prison et il commence à s’endormir. « Kiyomosa !!! ». Il se réveilla d’un bond. Pauvre Kiyomosa : « Il ne se rend plus compte qu’il dort ». Il se rendormit. Le maître frappe dans ses mains, nous remontons d’un pas lourd. Au programme en fin de matinée : littérature, rédaction.

Merci d’avoir lu ce texte jusqu’au bout !!!

 

 

Baptiste VACHERESSE

2ème prix « Prix d’expression écrite », classe de CM1

École élémentaire d’application Trémouille

18 boulevard de la Trémouille

 21000 DIJON

Professeur : monsieur FEMENIAS

 

 

 

 

 

Grandir

 

Grandir, ce verbe me fait rêver, car j’ai envie de découvrir le monde, de nouvelles activités. J’ai hâte d’avoir un métier car j’aiderais des personnes et leur rendrais service. Je trouve ça bien d’avoir un métier car si on ne fait rien, au bout d’un moment, on s’ennuie et la vie est faite d’expériences différentes. J’ai vraiment envie de voyager et partir à l’aventure très loin.

J’ai peur de prendre certaines responsabilités comme conduire une voiture. J’appréhende le fait de faire prendre des risques à mes enfants et ma femme.

Quitter mes parents, ça va être un moment très triste car j’aurai passé toute  mon enfance chez eux et je vivrai loin de mon frère et de ma sœur. Les bons moments ont une fin ; mais j’ai hâte, lorsque je ne vivrai plus dans la même maison que ma famille, que l’on s’invite, que l’on s’entraide, que l’on parte en vacances ensemble, que l’on passe de bons moments… J’essaie de voir les côtés positifs plutôt que les négatifs.

Plus tard, il faut aussi faire des choix et les bons. Il faudra emmener ses enfants quand il faut chez le médecin, avoir de l’autorité mais pas trop quand même…

J’ai envie d’organiser des projets comme bricoler dans la maison que j’aurai. Je crains de ne pas comprendre comment fonctionnent les banques, de ne pas avoir assez d’argent.

Avant d’aller au collège, j’avais peur d’y aller, mais maintenant je suis rassuré. J’espère que ce sera pareil quand je serai adulte.

J’ai peur de grandir car on va voir nos proches mourir, mais c’est dans l’ordre de la vie.

J’aimerais rester enfant car nos parents nous protègent alors que quand on est adulte, on doit être autonome. J’ai envie de garder mon âme d’enfant et j’espère ne pas être débordé par tout ce que je devrai gérer. J’aurai gardé tant de merveilleux souvenirs de mon enfance !

J’ai tout de même hâte et envie de grandir. Il faut surmonter ses peurs et penser à l’avenir qui s’ouvre à nous.

 

Solal LAVIRON

1er prix « Prix d’expression écrite », classe de 6ème

Collège Champ-Lumière

23 rue de Villey

 21260 SELONGEY

Professeur : madame FORQUET

 

 

Grandir

Grandir, ce verbe me fait rêver car c’est l’aventure, vivre sa vie. C’est être responsable mais on peut commettre des erreurs. Par contre, être séparé de ses parents, c’est triste. Mais je pourrai voyager où je voudrai avec ma femme et mes enfants. J’aurai peur de faire une faute et de ne plus être moi-même quand je suis en colère. Je devrai affronter la vie.

Grandir, c’est aussi vieillir et mourir comme mes deux grands-pères. Voir la vie défiler : ça fait peur mais ça fait rêver de connaitre le futur. J’ai peur d’être tout seul et de ne pas avoir de métier, même si je sais déjà ce que je veux faire.

Je perdrai mon âme d’enfant, ce qui est dommage. Je n’ai pas envie d’avoir trop de responsabilités mais j’aurai le droit de jouer aux jeux vidéo interdits aux moins de 18 ans. Mais il y aura les factures à payer donc il faudra compter : heureusement je suis fort en mathématiques !

Finalement, c’est bien de grandir !

 

Stanislas FRANÇAIS

2ème prix « Prix d’expression écrite », classe de 6ème

Collège Champ-Lumière

23 rue de Villey

 21260 SELONGEY

Professeur : madame FORQUET

 

Pandora Hearts

 

Le livre que j’aime plus que tout s’appelle Pandora Hearts. C’est un manga de Jun Mochizuki. C’est l’histoire d’Oz Vessalius, 15 ans. Il est l’héritier d’un des quatre grands duchés de son pays. Le jour de la cérémonie de passage à l’âge adulte, des bourreaux masqués le précipitent dans un monde sombre et confus, l’Abysse, pour un crime dont il ignore tout. Dans cette prison, à l’écart du temps, il rencontre Alice, une jeune fille aux pouvoirs mystérieux, qui lui propose de nouer un pacte pour l’arracher à ce cauchemar. Avec l’aide de Gilbert, son fidèle valet, et d’Alice, il veut savoir de quel crime on l’accuse.

J’aime beaucoup ce livre car je trouve l’histoire merveilleuse. L’auteur n’arrête pas de nous surprendre dans la deuxième partie de l’histoire. Ce manga est inspiré d’Alice au pays des merveilles. Les fans de cette œuvre peuvent s’amuser à trouver les similitudes entre les deux livres comme le prénom de l’héroïne. L’histoire est assez complexe et cela me plaît beaucoup. Ce manga est aussi très amusant comme lorsque Alice et Gilbert se disputent ou alors lorsque Alice mord la joue d’Oz  pour lui remonter le moral. Les dessins sont très beaux et tous faits à la main. Il y a beaucoup de détails et les bâtiments sont inspirés de l’architecture allemande et française. On ressent les émotions des personnages. Dans les moments les plus sombres, il y a souvent eu quelque chose qui va faire rire. Tous les personnages ont leur caractère bien à eux et c’est formidable.

J’aime faire partager les émotions que me transmette ce manga car je ne veux pas garder ce monde rien que pour moi. C’est un manga à lire.  

 

Charlotte PRAT

1er prix « Prix d’expression écrite », classe de 4ème

Devoir transmis au jury national

Collège Champ-Lumière

23 rue de Villey

 21260 SELONGEY

Professeur : madame PARET

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dirty Dancing

 

Dirty Dancing est mon film favori. Vous savez pourquoi ? Parce que c’est le film de danse qui existe et j’adore danser. Dirty dancing est un film musical magnifique et j’adore ce genre de film. Les scénaristes sont Bergstein et Eléonor qui ont inventé un film super. Les danseurs, les figures de danse, la musique, le décor qui est splendide et les acteurs tout particulièrement Patrick Swayze et Jennifer Grey rendent ce film magique à mes yeux. Ce film est dynamique et plein de passion entre un homme et une femme. Elle apprend à danser pour remplacer une danseuse professionnelle et elle devient une danseuse splendide, ce qui est très époustouflant.

Je lui accorde énormément d’importance car c’est lui qui m’a donné l’envie de danser tout le temps et d’en faire ma passion. Grâce à ce film, j’arrive à ne penser à rien, à rêver en dansant. Je suis même allée voir la comédie musicale, ce qui m’a donné l’impression de vivre ce film que j’adore plus que tout.

J’apprécie de le regarder seule car au moins je reste concentrée et dans ma bulle. Quand je le regarde, mes émotions sont de l’énergie, de la joie surtout, de la bonne humeur et un peu de tristesse. C'est donc un peu un secret pour moi et à chaque fois que je le regarde, je verse ma petite larme.

MAIS CHUUUUT …

 

 

Léa BOUCHOT

2ème prix ex-aequo « Prix d’expression écrite », classe de 4ème

Collège Champ-Lumière

23 rue de Villey

 21260 SELONGEY

Professeur : madame PARET

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La peur

 

C’était l’hiver, dans une forêt du nord-est de la France. La tempête faisait rage. J’avais pour guide un paysan. J’étais également accompagné d’un de mes plus chers amis, qui avait tenu à faire le voyage avec moi.

Nous arrivâmes devant une rivière bruyante, dont les impétueux flots cristallins s’écrasaient contre des rochers moussus et qu’enjambait un vieux pont de bois. Ma lanterne s’éteignit. Je m’agenouillai pour la rallumer, le vieux paysan prit de l’avance pour aller tester la solidité des planches. Je remplaçai vivement la bougie de cire grasse mais, alors que j’allumais la nouvelle, un bruit sourd retentit à côté de moi.

A la lueur de la petite flamme naissante, je distinguai le corps de mon ami, affalé par terre. Je sortis une gourde et lui versai de l’eau sur le front pour le ranimer. Celle-ci s’écoula vainement sur sa peau. Sa poitrine et ses bras s’obstinèrent à rester droits, figés contre son torse par cette raideur propre aux cadavres que je connaissais bien. Sans dire un mot, il était mort !

Alors que je me lamentais, je crus percevoir un bruit : un chœur de râles éthérés, provenant du ciel, emplissait le bois, couvrant même le bruit du vent. Très inquiet, j’appelai le paysan. Il avait disparu. Je me retournai et … oh ! quel effroi ! Le cadavre avait été happé par la terre fangeuse du sol marécageux. Seule sa main dépassait. J’étais terrifié. Une prise de conscience soudaine me glaça le dos. Et si… moi aussi… Aussitôt la terre m’avala, le sol explosa littéralement à mes pieds et m’aspira. J’eus l’impression d’être perdu dans un néant noir,  profond, insondable.

Alors je vis mon ami, du moins je crus que c’était lui ou son fantôme. Il m’attrapa par le bras et me tira. Je vis tous les défunts que j’avais chéris de leur vivant : mes parents, mes aïeux… Tous me saisirent et me tiraillèrent en tous sens, me déchirèrent.

Et puis je me réveillai. J’étais dans une maison, des villageois m’avaient retrouvé, à moitié noyé dans un marais.

Mais alors, que m’était-il arrivé ? Et qu’étaient devenus mes deux compagnons ?

 

 

Tristan MUNIER

2ème prix ex-aequo « Prix d’expression écrite », classe de 4ème

Collège Montchapet

36 boulevard Pompon

 21000 DIJON

Professeur : madame CLERC

 

« Le Trou » de Jacques Becker

Voilà bien cinquante-cinq ans que cette admirable œuvre de Jacques Becker a vu le jour. Un film réaliste et captivant avec des acteurs plus purs que jamais ; aucun n’était acteur avant ce film et dont un, Jean Keraudy ayant été au cœur du sujet. Jean Keraudy a été emprisonné et a essayé de s’évader plusieurs fois dont une tentative ayant fonctionné. C’est une histoire qui est une adaptation du roman de José Giovanni, les acteurs jouent cinq prisonniers qui tentent de s’échapper de la prison de la Santé pour éviter d’y rester à perpétuité ou d’être condamnés à mort. Cependant, les quatre prisonniers voient arriver un cinquième arrivant qui va peut-être tout changer. Ce film pourrait sembler banal. Eh bien non ! Ce chef-d’œuvre est réalisé avec un tel classicisme, des mouvements spécifiques et justes, des regards précis et dans un décor si vrai et si naturel qu’il est à la hauteur de bien des films hollywoodiens d’aujourd’hui. Celui-ci est réalisé sans effets spéciaux mais avec une totale simplicité.Ce film est à la fois bouleversant et pertinent, toutes les émotions y sont évoquées : l’amitié, la confiance, si aveugle soit-elle, la tristesse, la peine, la pitié et bien évidemment la trahison et l’hypocrisie ainsi que la honte dans les dernières minutes.Tout d’abord, on s’y croyait : nous, spectateurs, étions présents dans la prison. On avait la forte impression de pouvoir communiquer avec ces détenus : on ressentait leurs joies, leurs bonheurs tout comme leurs anxiétés et appréhensions. Nous n’avions nulle impression  que des scripts avaient été appris puis récités. Tout était d’une telle fluidité. Chaque regard, chaque geste avaient une signification. Ces acteurs non professionnels peuvent être fiers d’avoir un talent comme le leur : s’exprimer avec autant de simplicité et de réalisme. Il y a peu de  mise en scène dans cette œuvre, rien de décevant, au contraire. Cela prouve que des réalisations de films au prix exorbitant peuvent être aussi bien élaborées sans dépenser autant. Lors de la réalisation, les caméras étaient placées près des acteurs et sur des rails disposés aux murs dénudés de la cellule, permettant d’agrandir l’endroit de petite taille. 

Cette œuvre de Jacques Becker est porteuse de valeurs. Il faut être courageux, loyal, amical. Mais quand, pour la première fois, j’ai entendu  le nom du titre, Le Trou, je m’attendais à en justifier une critique péjorative. J’ai donc été agréablement surprise par ce film, produit avec une telle simplicité et une justesse sans pareil. Je vais donc finaliser cette critique en vous affirmant que Le Trou est un réel chef-d’œuvre.

 

Léane GEOFFROY

1er prix « Prix d’expression écrite », classe de 3ème

Collège Champ-Lumière

23 rue de Villey

 21260 SELONGEY

Professeur : madame FORQUET

 

Souvenirs

Adieu, le soleil, la mer, la chaleur.

Jour de rentrée, il pleut, j’ai un peu peur.

En un instant, grâce à mes professeurs

Je vois maintenant l’école en couleurs.

 

En cours, quand la sonnerie retentit,

Dans les grands couloirs, je croise mes amis.

Dans mon collège, après une belle journée,

J’ai déjà envie de recommencer.

 

Le cœur léger, me voilà rassuré.

Après l’école, je savoure mon goûter.

Malheureusement, je dois faire mes devoirs,

Et j’ai beaucoup de leçons à revoir.

 

Solal LAVIRON

1er prix « Prix de la jeune poésie », classe de 6ème

Collège Champ-Lumière

23 rue de Villey

 21260 SELONGEY

Professeur : madame FORQUET

 

La grande rentrée

Au début, le collège, je l’avais redouté.

Bien avant je m’étais préparé.

Quand je suis arrivé, j’étais angoissé.

Mais une fois mes amis à mes côtés, j’étais moins apeuré.

 

Les professeurs nous avaient appelés

Et l’un d’entre eux m’avait désigné.

Nous étions tous rentrés

Et le directeur nous avait tout expliqué.

 

Le lendemain, la peur m’avait quitté

Et j’avais bien travaillé.

Le stress s’était évaporé

J’étais rassuré pour l’éternité.

 

Lukas GANOU

2ème prix « Prix de la jeune poésie », classe de 6ème

Collège Champ-Lumière

23 rue de Villey

 21260 SELONGEY

Professeur : madame FORQUET

 

Il était un pays de Cocagne

 

 

Il était un pays de Cocagne

Bloqué entre l’Espagne et la Bretagne.

Sans un médecin imaginaire,

Tous parlent la langue de Molière.

 

Ce pays est trop beau pour être vrai,

Un pays où la vie est un sonnet,

Un pays où une guerre n’existe pas,

Un pays où l’amour est toujours là.

 

Un amour si présent, que les oiseaux,

En passant bien des plus laids au plus beaux,

Partent tous dans la même direction :

Celle de la sagesse et de la raison.

 

Une sagesse si présente, que les pères,

Ainsi que les mères, les sœurs et les frères,

Ont tous rassemblé de pareilles pensées,

Qui n’ont pas toutes été brevetées :

 

Celles de la liberté, de l’égalité et la fraternité.

 

Ce pays de Cocagne, c’est là où l’on vit,

Ce pays de Cocagne, c’est le plus joli,

Là où chaque jour est une chance,

C’est tout simplement notre belle France.

 

Romain SCHENA

1er prix « Prix de la jeune poésie », classe de 5ème

Devoir transmis au jury national

Collège Marcelle-Pardé

18 rue Condorcet

 21000 DIJON

Professeur : madame DURANDIERE

 

 

 

Mon pays de Cocagne

 

 

Si vraiment il existe un pays de Cocagne,

Il se trouverait loin de cette grise campagne

Dans laquelle je vis, dans ma fade maison,

Dans mon pauvre pays, sans aucun horizon.

 

S’il est ce pays, il est très loin d’ici.

Dans ce beau paradis, je finirai ma vie.

Mais un jour j’y vivrai et cela, je l’espère,

Car dans quelques années, je quitterai ces terres.

 

Dans ces belles contrées, ce pays qui m’est cher,

Le soleil brillerait et le ciel serait clair.

La rivière glisserait dans une prairie fleurie

Qui formerait l’entrée de ce parfait pays.

 

J’y serai arrivée, dans mon doux paradis.

Mon long voyage aura finalement abouti

Et j’y serai heureuse mais aussi épuisée.

J’y fermerai alors mes paupières fatiguées.

 

Adèle CHARLES

2ème prix « Prix de la jeune poésie », classe de 5ème

Collège Marcelle-Pardé

18 rue Condorcet

 21000 DIJON

Professeur : madame DURANDIERE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fabuleux destin

 

 

Il y a une musique dont j’aimerais vous parler :

 

La musique, un soir d’automne, je l’ai découverte,

Entraînante, triste, ouverte.

 

Famille, amis, enfants peuvent l’écouter.

À travers mes rêves, elle me fait voyager

Belle, lumineuse, balancée,

Un délice pour les oreilles,

Lente, dansante, une merveille.

En boucle, je peux l’écouter.

Une fois n’est pas assez.

Xylophone, accordéon me font chavirer.

 

Des coups de foudre, j’en ai eus

Et celui-là il m’est apparu

Sans hésitation, comme le plus fort,

Tressé au fond de mon corps,

Impossible à oublier.

N’essayez pas de comprendre, écoutez.

 

Dans un film, plus tard, j’ai retrouvé cette mélodie

Accordée aux images, si bien assortie,

Merveilleuse, sublime, inouïe.

En regardant ce film, je me suis dit :

La vie est un rêve qui est permis

Imparfait, mais exquis,

Et la musique l’embellit.

 

 

Pourquoi aimer cette mélodie ?

Oh, quelle est cette harmonie ?

Un bonheur pour les oreilles,

La capitale des merveilles

Arrive à me faire voyager

Irrésistible et recommandée.

Ne vous trompez pas : lisez de haut en bas

 

 

Monette LAVIRON

1er prix « Prix de la jeune poésie », classe de 4ème

Devoir transmis au jury national

Collège Champ-Lumière

23 rue de Villey

 21260 SELONGEY

Professeur : madame PARET

 

 

 

 

 

 

Derrière les grilles

 

Arrachez-lui ses vêtements,

Et bandez-lui les yeux.

 

Arrachez-lui sa fierté,

Et muselez ses lèvres brunes.

 

Arrachez-lui ses crayons,

Et privez-la de passion.

 

Muselez ses pensées,

Et empêchez-la de s’exprimer

 

Confisquez-lui son lieu de sûreté,

Et offrez-lui l’insécurité,

Offrez-lui la peur.

 

Privez-la du droit à l’éducation,

Et laissez-la mourir dans une maison.

 

Arrachez-lui sa dignité,

Et emprisonnez-la dans une burqa.

 

Cachez-la ! Dénigrez-la ! Lapidez-la !

Ce n’est qu’une femme !

En quoi aurait-elle le droit de vivre ?

 

Vous croyez ?

Vous croyez ?

 

Que la gifle l’empêchera

De penser ?

 

Que la faim ne la maintiendra pas

Eveillée ?

 

Que la bafouer la forcera

A se plier ?

 

Que le poignard lui fera courber

L’échine ?

 

Jamais !

Jamais !

Jamais vous ne pourrez l’empêcher de penser !

 

Rendez-lui sa liberté !

 

 

Tisaya BOUCHON

1er prix « Prix de la jeune poésie », classe de 3ème

Devoir transmis au jury national

Collège Champ-Lumière

23 rue de Villey

 21260 SELONGEY

Professeur : madame FORQUET

 

Plumes

 

 

Autrefois les grandes plumes s’étaient tues.

Du poison étaient leurs idées.

Interdiction d’en parler dans les rues,

Ils ne pouvaient qu’en rêver.

 

L’évolution, révolution,

Changement de procédé,

Les plumes se mettent en action,

Leurs rêves deviennent réalité.

 

Des plumes sont tombées,

Non pas une mais des milliers

Des inconnues se sont effacées,

 Vous, les plumes, nous ne pouvons que vous remercier.

 

Aux jeunes d’aujourd’hui

Liberté est quotidienne,

Mais ils ignorent les libertés d’autrui

Qui sont aussi miennes.

 

Ce monde regorge de plumes,

Des plumes qui attendent cette liberté,

Une liberté encore inconnue,

Inconnue mais existante, qui attend votre évolution,

votre révolution.

 

 

Céline COLIN

2ème prix « Prix de la jeune poésie », classe de 3ème

Collège Champ-Lumière

23 rue de Villey

 21260 SELONGEY

Professeur : madame FORQUET

 

 

 

 

La liberté

 

 

C’est une fleur de pissenlit qui ne cesse de se transformer,

Une petite boule pleine d’étoiles d’argent,

Qui s’envole sans se retourner.

Dans le ciel, elle erre comme un enfant,

Elle est petite, elle grandit,

Peu à peu elle s’épanouit

Sous le regard de ses aînés,

La liberté

 

Elle attire les regards,

Comme une sorte d’espoir,

Elle brise nos peines, nos haines, nos chaînes,

Engloutit les moments passés

Telle la rose des vents.

Elle nous indique le bon chemin

Sans que nous doutions un instant,

La liberté

 

C’est un cri,

Sous le bruit des cœurs qui battent

C’est un chant

Pour lequel vingt et cent se battent.

C’est comme une strophe pour se souvenir,

C’est toute la raison de nos vies,

La liberté

 

C’est un grand pays aux mille couleurs,

Qui nous charme avec douceur,

Parfum de délivrance,

Qui nous entraîne comme un refrain d’enfance.

Elle sait nous rassurer,

Nous rêvons d’elle comme jamais,

Nous parlons d’elle comme d’un secret,

La liberté

 

Nzalbey EKOGHA

1er prix « Prix de la jeune poésie », classe de 2de

Devoir transmis au jury national

Lycée Le Castel

rue Daubenton

 21000 DIJON

Professeur : madame DUBOIS

 

 

 

En regardant à travers ma fenêtre

 

 

En regardant à travers ma fenêtre

Je vois un vieux bâtiment gris,                                                                          

Avec quelques fenêtres parfois allumées,

Un grand sapin sans couleurs,

Un bâtiment avec un balcon en long,

En bas une petite cour parsemée d’herbe.

 

Des ouvriers discutent de leur réalisation,

Parfois de leur vie privée.

Des oiseaux les accompagnent en sifflant,

Au loin des voitures expriment leur mécontentement.

Un train, de temps en temps, joue avec l’orchestre

Dont les rails sont les instruments.

 

 

J’imagine parfois, en regardant à travers ma fenêtre,

Un parc immense, envahi d’arbres,

Un parc vert en été,

Rouge, orange, jaune en automne,

Et, en hiver, blanc comme du coton,

Où je pourrais me détendre en lisant sur un banc,

Au calme, sans aucun bruit.

 

En regardant à travers ma fenêtre,

Tristesse et dégoût montent en moi,

Une réalité inévitable,

Ce bâtiment gris et ce sapin sans vie.

 

 

Lorenza MARCHETTO

2ème prix « Prix de la jeune poésie », classe de 2de

Lycée Le Castel

rue Daubenton

 21000 DIJON

Professeur : madame DUBOIS

 

Le lierre

Moi… on ne m’aime pas.

Je grimpe aux arbres et m’y agrippe, ne relâchant jamais mon étreinte. Le long du tronc, j’entreprends ma lente ascension. Je me sers de leur sève, m’enlace à leur cime, admirant sans relâche la splendeur de ces grands hêtres. Partant des racines, moi le lierre, je me lie et erre en quête de lumière.

Moi… on ne m’aime pas

Mais je comprends, regardez-moi, je suis pourvu de lianes sèches et longues, mes feuilles de vert sombre tournent entre elles, se mêlent et se démêlent. Je suis l’arbre torturé, tournant, m’emmêlant et enlaçant ces majestueux troncs dont je dépends.

Moi, le lierre, je dois, c’est comme ça, grimper pour respirer, me lier pour demeurer.

 

Lola BOUVET

1er prix « Prix de la jeune poésie », classe de 1ère

Lycée Le Castel

rue Daubenton

 21000 DIJON

Professeur : monsieur MONNET

 

Reflet

C’est un beau rêve empli de chagrin,

Un rêve calme noyé dans les rayons du matin.

Trois petits angelots volaient dans le ciel,

Battant de toute la force de leurs petites ailes.

 

J’étais là, dans le bois noirci par les flammes,

Assis dans les cendres de ma défunte âme.

 

Les yeux bloqués sur le ciel brillant et lointain,

Le corps tremblant de la haine du commun.

Etais-je mort ? Tué par ma folie ?

Ma prison si douce me privant du paradis.

 

Eddin MKAVAVO

1er prix « Prix de la jeune poésie », classe de terminale

Lycée Marey

5 rue du 16ème Chasseurs

21200 BEAUNE

Professeur : madame BUISSON

 

La fille de l’éclusier

 

Dans ce village, au bord d’un fleuve, cette jeune femme vivait encore chez ses parents. Ils étaient éclusiers et s’appelaient Jean et Solange. Du matin au soir, ils faisaient passer des bateaux dans cette écluse. Leu fille avait dix-huit ans, qui est l’âge où une jeune femme doit se marier. Mais Alice, car c’était le prénom choisi par ses parents, ne souhaitait pas se marier ; elle voulait s’embarquer sur un bateau et naviguer. Malheureusement, les femmes n’avaient pas le droit de naviguer ni même de monter sur un bateau. Alice, qui était d’une rare beauté, était courtisée par de nombreux hommes.

Le jour de la Saint-Jean, alors qu’elle aidait son père, un bateau accosta pour la nuit avec à son bord un jeune homme. Le bateau s’appelait « la Navigatrice » et il plut tout de suite à la jeune Alice. Quand le jeune homme prénommé Charles descendit, Alice tomba sous son charme. Charles, lui, n’eut que le temps de l’apercevoir car elle se réfugia dans sa maison. Le chef du jeune matelot demanda s’ils pouvaient rester là et fêter la Saint-Jean au village. Son père lui répondit qu’il acceptait volontiers et ajouta qu’un bal était organisé.

Alice avait hâte d’aller au bal pour voir ce mystérieux jeune homme. Son père, étonné de la voir si pressée de partir au village, l’interrogea : « Que se passe-t-il ma fille, toi qui ce matin  encore ne voulais pas aller au bal ? ». « Oui, je sais, papa, mais je vais voir mes amis de l’école ».  « Ah bon, tant mieux alors ».

Elle remonta donc dans sa chambre se changer et mettre sa plus belle robe, qui était de couleur bleu émeraude et mettait ses yeux en valeur. Elle ne se maquilla pas, préférant rester naturelle. En descendant dans la cuisine aux alentours de dix-neuf heures, elle prévint sa mère qu’elle partait pour le bal. Sa mère lui sourit et lui dit qu’elle irait vers vingt heures.

Sur le chemin qui menait au village, Alice rencontra le jeune Charles. Elle lui sourit et lui demanda : « Bonsoir, monsieur, vous êtes bien le jeune homme qui était sur la péniche tout à l’heure ? ». « Vous êtes bien renseignée. Je m’appelle Charles et vous, d’où venez-vous ? ». « Ah, ah, vous êtes bien curieux, dit-elle. Je m’appelle Alice, je suis la fille de l’éclusier ». Elle continua son chemin mais elle restait cependant subjuguée par la voix et le charisme du jeune homme. Arrivant au village, elle s’éloigna de lui mais le surveilla du coin de l’œil tout en étant avec ses amis. Quand le jeune homme l’invita à danser, elle accepta mais ne montra pas qu’elle n’attendait que cela.

Quand elle revint à sa table, tous ses amis lui demandèrent qui était ce jeune homme. Malheureusement, le maire du village vint l’importuner car il était jaloux. Cela faisait plusieurs mois qu’il la courtisait mais elle repoussait toujours ses avances. Il l’emmena à part pour lui parler et lui demander qui était cet étranger et comment elle le connaissait. Ne voulant pas lui répondre, elle essaya de partir mais il la retint de force par le bras. Charles, voyant qu’Alice se faisait importuner par un homme beaucoup plus âgé qu’elle, alla demander à celui-ci de la laisser tranquille. Le maire, ne connaissant pas Charles, lui dit de partir. Comme il ne s’exécutait  pas, il commença à l’insulter et Alice, qui ne voulait pas les voir se battre, demanda au maire de les laisser en paix.

Elle demanda à Charles de l’attendre et alla prévenir sa mère qu’elle rentrait à la maison. Elle conduisit le jeune homme au bord de l’eau et l’interrogea : « Pourquoi es-tu venu tout à l’heure ? ». « J’ai vu que tu voulais partir mais qu’il te retenait de force, alors je suis venu t’aider. Ca ne te plaît pas ? Tu aurais préféré rester avec cet homme ? Qui était-ce ? ». « Oh si, ça m’a fait plaisir que tu viennes à mon secours. C’est le maire du village, il veut m’épouser mais moi je ne veux pas. Je veux faire autre chose de ma vie que me marier et avoir des enfants, en tout cas pour l’instant ». « Si cela n’est pas trop indiscret, puis-je savoir ce que tu veux faire ? ». « Je dois t’avouer que je ne l’ai encore dit à personne, c’est-à-dire que mon rêve est impossible. Je voudrais monter sur un bateau et devenir navigatrice, je veux prendre la mer et voyager ! ».

Charles tout en souriant lui caressa la joue et lui promit qu’un jour elle réaliserait son rêve, et il lui demanda également si elle serait prête à embarquer sur le même bateau que lui. Alice, qui avait rougi quand il lui avait caressé la joue, était heureuse et lui donna un baiser en le remerciant. Elle le quitta et rentra chez elle. Le lendemain matin, avant que la péniche ne parte, Alice se dirigea vers celle-ci et aperçut Charles sur le pont. Il descendit de la péniche, alla la voir et lui dit : « J’ai parlé au capitaine du bateau, il a été difficile de le convaincre mais il veut bien te prendre sur son bateau cet été ». « Merci, dit-elle en l’embrassant sur la joue et en le prenant dans ses bras, maintenant il faut que j’en parle à mes parents ».

Le jeune matelot remonta sur « la Navigatrice » et ils partirent en direction de l’océan. Alice qui savait que son père n’accepterait jamais ne lui dit rien et s’enferma dans sa chambre.

Deux semaines plus tard, la péniche remonta et quand Alice la vit, elle se précipita au bord du fleuve. Charles lui sourit en l’apercevant ; elle lui fit un signe et lui cria qu’elle revenait. Elle alla chercher son sac, écrivit un petit mot pour tout expliquer à ses parents. Elle sortit par la porte de derrière tout doucement. Elle posa son sac dans un buisson et se dirigea vers la péniche qui passait l’écluse. Charles l’attendait à terre mais elle lui fit comprendre d’un regard de ne pas s’approcher ni de lui parler. La péniche s’arrêta pour que les matelots puissent descendre ; pendant ce temps, Alice expliqua à Charles qu’elle n’avait rien dit à ses parents et qu’elle devait monter sur le bateau sans se faire voir. Elle alla donc chercher son sac et monta sur la péniche.

Quand ses parents trouvèrent le mot, Alice était déjà loin. Sa mère réussit à convaincre son mari de la laisser vivre sa vie. Elle avait deviné que sa fille ne rêvait que de prendre la mer. Alice retourna plusieurs fois chez elle mais elle ne voulut pas rester. Son amour pour Charles grandissait au fur et à mesure de l’été. Quand, au début du mois de septembre, il la demanda en mariage, elle fut si heureuse qu’elle accepta. Il lui dit que cette fois il allait demander la permission à ses parents.

Au début de l’année suivante, Charles et Alice se marièrent. La jeune femme tomba enceinte au début du mois d’avril. Ils étaient heureux ; malheureusement leur bonheur fut de courte durée car cette année-là était l’année 1914…

 

 

Noémie MUGNIER

1er prix « Prix de la jeune nouvelle », classe de 3ème

Collège Champ-Lumière

23 rue de Villey

 21260 SELONGEY

Professeur : madame FORQUET

 

Cassie Beauchamps

 

Elle s’appelait Cassie Beauchamps, elle avait 16 ans, c’était une jeune fille charmante, je dirais même élégante. La jeune fille était brune avec de grands yeux bruns pimentés par des éclats vert bleu. Elle vivait dans une luxueuse maison du XVIème arrondissement de Paris, autrement dit : le plus riche.  Elle avait une vie sans histoires, sans problèmes, sans noirceur. Elle vivait entourée d’une famille aimante, d’amis loyaux, toujours là pour elle, et d’un petit ami attentionné. La jeune fille menait une scolarité exemplaire dans une des écoles privées les plus réputées de la capitale : Le Lycée de la Tour. Elle était promise à un grand avenir dans le cabinet d’avocat de son père. Une vie pour ainsi dire parfaite. En y réfléchissant, ne voudriez-vous pas d’une telle vie si on vous la proposait ? Avouez que si.

 

Mais voilà, la vie n’épargne aucun bonheur, en tout cas aucun qui puisse durer. La vie n’est pas parfaite comme le croyait Cassie : elle est perverse, courte et incertaine. Cette jeune fille ne s’imaginait pas que le paradis qu’elle avait toujours connu pouvait s’effondrer en un claquement de doigts.

Il suffit de quelques mois pour que les parents de Cassie divorcent, pour que sa mère soit atteinte de la maladie d’Alzheimer et que sa sœur, Angie, tombe dans la drogue. Elle ne pensait pas que ses amis lui mentiraient et deviendraient déloyaux, que son petit ami la quitterait pour sa meilleure amie. Elle ne pouvait pas prévoir que tous ces évènements pourraient faire baisser ses résultats scolaires et la faire renvoyer de son école où on ne pouvait pas se permettre de chuter. Cette vie-là, par contre, personne n’en voudrait. Cassie n’en voulait pas…

Voilà comment je me suis retrouvé dans cette grande maison, le 11 décembre, dans cette immense chambre rose d’adolescente avec des photos d’une ancienne vie regrettée. Mais quelque chose n’allait pas dans ce décor. Au centre de la pièce, un corps inerte gisait, sans vie, lui-même au centre d’une mare de sang. Voilà ce qui n’allait pas.

Une demi-heure plus tôt, j’avais reçu un coup de téléphone à mon bureau pour me demander de me rendre chez la célèbre famille Beauchamps. Le père de famille, Charles, n’était pas à la maison lors de l’accident ; la mère avait été emmenée dans une clinique spécialisée quelques jours plus tôt. L’aînée des deux sœurs avait été envoyée dans un centre de désintoxication par ses grands-parents, la semaine précédente. Quel triste destin ! Ils étaient encore présentés comme une famille modèle quelques mois auparavant dans les pages people de la presse parisienne.

Cassie était une de mes patientes, c’était son père qui m’avait recommandé comme thérapeute. Je l’avais rencontrée dans notre club de tennis, mais nous n’étions pas vraiment amis. Alors, un mercredi matin, elle est venue me voir. C’était après que l’on diagnostique à sa mère la terrible maladie d’Alzheimer. Je suis totalement d’accord pour dire que les évènements qui ont touché cette famille sont terribles. Je dois avouer que, quand je l’ai vue pour la première fois, je pensais qu’elle était une de ces petites filles qui ont tout ce qu’elles souhaitent. Mais séance après séance, je me suis aperçu que c’était juste une jeune fille dont le monde s’écroulait sans aucune réelle raison et qu’elle était beaucoup plus humaine que le suggérait son apparence. Je l’écoutais se confier deux fois par semaine et je peux affirmer que c’était  une personne pleine de bonté.

En revenant à la réalité, alors que je regardais son corps sans vie, je me sentais et me sens toujours quelque peu coupable. Ne serait-elle pas encore en vie si je l’avais mieux aidée ? Un policier s’avança vers moi, un carnet de notes à la main, ce ne devait pas être celui qui m’avait téléphoné. Celui-ci semblait peu intéressé par son travail. Il était grand, brun, coupe en brosse, avait deux grands yeux verts et une allure élancée. Il me regarda avec étonnement, alors je répondis à ses questions : « Bonsoir, Dr Lobiza, je suis le capitaine Fluger. Quand a eu lieu votre dernière séance avec Mlle Beauchamps ? ». « La dernière a eu lieu hier en fin d’après- midi et j’avais rendez-vous avec elle demain matin ». « Bien, dans quel état était-elle ? Semblait-t-elle perturbée au point de commettre… ? ». Il se retourna pour regarder le corps de la jeune fille. « Pas au point de…, bien sûr elle était angoissée, sa mère venait d’être envoyée dans une clinique spécialisée. Son père ne s’en souciait pas et buvait pour oublier, mais elle semblait déterminée à reprendre sa vie en main et tout recommencer en se fondant sur des bases saines, donc je n’ai décelé aucun signe qui aurait pu m’interpeller plus que cela, dis-je plus énervé que je ne le devrais ». « Je comprends, Docteur, je cherche juste à découvrir pourquoi et comment. Pour l’instant je n’ai que le comment et cela ne suffit pas…, dit-il voulant se faire rassurant ». « Oui, bien sûr, excusez-moi. Comment est-elle morte ? ». « Une balle dans le crâne. Nous l’avons déjà envoyée au laboratoire, mais lorsque nous sommes arrivés, elle avait une arme à feu dans la main. Nous ignorons encore où elle l’a obtenue. Nous sommes quasiment certains qu’il s’agit d’un suicide. Sinon, je n’ai plus de questions ». «  Naturellement, moi non plus, merci, capitaine ».  

Toute cette histoire m’intriguait, combien de fois avais-je vu Cassie pleurer dans mon bureau les semaines précédentes ? Elle disait qu’elle ne s’y autorisait qu’en ma présence pour ne pas être jugée. Mais je me souviens parfaitement de ma séance avec elle la veille au soir, elle semblait plus calme, plus détendue, plus confiante. Je n’arrivais toujours pas à y croire. Jusque-là je m’autorisais à être proche de mes patients mais dès le lendemain ce ne fut plus le cas. A ce moment-là, un officier interpella le capitaine Fluger. Il lui donna un papier et, après y avoir jeté un œil, il sembla déconcerté. Puis il nous regarda et ajouta : « Très chers collègues, Cassie Beauchamps doit être emmenée à la morgue pour un examen complet. D’après la balistique, Mademoiselle Beauchamps n’a jamais utilisé d’armes ces dernières heures. Elle ne s’est pas suicidée, elle a été assassinée ».

Ah mon Dieu ! voilà ce qui résonnait dans ma  tête.

Je suis rentré chez moi. J’habitais dans le XIème arrondissement de Paris, un quartier fort agréable. Après cette annonce, la scène de crime avait été évacuée pour laisser place à des experts. Quelle horreur ! Je décidai donc d’aller me coucher, et enfin je m’endormis.

Elle était entrée comme une furie dans mon bureau des larmes plein les yeux. Je n’eus d’autre solution que de l’accueillir. C’était Cassie Beauchamps, mes deux premières séances avec elle avaient eu lieu la semaine précédente. D’après ce qu’elle m’avait déjà raconté, sa vie auparavant si parfaite s’effondrait. Elle s’assit sur le grand sofa bleu au centre de la pièce et me regarda comme si elle voulait que j’abrège ses souffrances, puis elle me dit : « Il ne veut plus de moi et il a rompu ! ». Sa voix était comme étouffée par la douleur.  « Qui ? » répondis-je. « Florian et Diana, mon copain et ma meilleure amie, ils sortent ensemble maintenant ! Je vous en ai parlé la dernière fois. Vous m’avez même demandé s’ils étaient mes pierres de touche, les points auxquels je me raccrochais et je vous avais dit oui. Mais maintenant, j’ai perdu les deux en même temps…, c’est tellement injuste ! ». « Ecoutez, Cassie, la vie n’est pas faite pour être juste, excusez mon vocabulaire mais la vie est une garce, mais c’est ce qui la rend aussi très belle ». « Docteur, ce que vous dites là est hors de propos. Je ne vois pas comment notre rupture pourrait être belle ». « Elle ne l’est pas encore mais vous voilà maintenant capable de créer de nouveaux liens. Avez-vous déjà entendu le dicton qui dit qu’il n’y a pas de problèmes, mais seulement des solutions ? ». « Oui… ».

Ce fut à ce moment-là que le rêve se termina et que je me réveillai dans mon lit. Pourquoi rêver de Cassie ?  Parce qu’elle est morte et qu’elle a été assassinée, me répondait la voix dans ma tête. Mais que pouvais-je y faire ? Ce n’était pas mes affaires de m’occuper de retrouver son assassin et de connaitre la raison de sa mort. Enfin, techniquement, pour le dernier point j’en avais le droit, j’étais son thérapeute. Seulement, j’avais toujours été quelqu’un de curieux et de rigoureux, alors ce jour-là je pris une décision : j’allais laisser mes lunettes, mon bloc-notes et mon diplôme dans un coin de ma tête et commencer à jouer au détective.

Il fallait que je commence quelque part, alors je me suis rendu au commissariat du XVIème arrondissement rue Chardon Lagache. C’était le matin, et en plein hiver à Paris il faisait froid. Il y avait un monde fou dans tous les coins du bâtiment, je demandai à l’accueil où je pouvais trouver le capitaine Fluger. On m’indiqua un bureau à gauche, au fond d’un couloir. Alors que j’allais frapper à la porte, celle-ci s’ouvrit, en fait elle était entrouverte. Même si c’était mal, je m’introduisis dans la pièce ; si quelqu’un était arrivé, j’aurais eu des ennuis, mais personne ne vint. Sur une table, à côté d’une armoire à dossiers, il y avait le dossier « Beauchamps » grand ouvert comme une tentation à laquelle j’étais obligé de succomber. Il fallait que j’agisse avant de me faire attraper, donc je décidai de scanner le dossier avec l’ordinateur du capitaine. J’envoyai le document par mail, supprimai les preuves de ma venue et repartis comme un voleur avec ce que je pensais avoir voulu, parce qu’en réalité je ne savais pas vraiment ce que j’étais venu chercher.

De retour chez moi, j’ouvris le mail soigneusement envoyé depuis le bureau du capitaine et commençai à l’étudier avec soin. J’en profitai pour manger. Au cours des recherches je ne découvris pas grand-chose sur Cassie qui puisse m’aider, mes séances avec elle m’avaient décidément appris l’essentiel. Mais après cela,  je sus par où commencer. A votre avis, à part chez soi, où passons-nous le plus clair de notre temps lorsque l’on est adolescent ? Au lycée, j’allais me rendre au Lycée de la Tour. C’est là-bas que Cassie avait le plus de fréquentations : ses amis, son copain, ses professeurs. Non, en fait je devrais dire anciens amis, anciens professeurs et ex-petit copain. Pendant une seconde j’avais oublié que la pauvre jeune fille avait été renvoyée et qu’elle n’avait plus personne à qui parler dans ces dernières semaines.

Le lycée était grand, très grand. Le tarif de scolarisation était et est toujours plutôt élevé, leurs réussites au baccalauréat sont toujours au minimum de 99,99 %. Je savais où j’allais, je devais trouver Diana, l’ancienne meilleure amie de Cassie. Diana Clairemonte était une adolescente blonde aux yeux bleus, toujours bien coiffée, bien habillée, avec une couche de maquillage et les ongles vernis. Sa vie était comme celle de Cassie avant qu’elle ne s’écroule. Quand je la vis, elle était adossée à son casier, un sac Gucci au bras et un manteau Jean-Paul Gaultier sur les épaules. Je m’approchai d’elle et l’interpellai. Elle me toisa, non, elle me snoba. Quelle grossièreté ! cria la voix dans ma tête.  « Excusez-moi, mademoiselle, êtes-vous Diana Clairemonte ? ». « Oui, pourquoi ? ». « Je voudrais vous poser des questions sur Cassie Beauchamps, s’il vous plaît ». « Pourquoi répondrais-je à vos questions, aux dernières nouvelles je ne suis plus son amie. Et qui êtes-vous ? ». L’exaspération régnait dans sa voix.  « Vous devez me répondre parce qu’elle a été assassinée hier soir, à son domicile, dis-je sans trahir mon émotion. Je suis un auxiliaire sur cette enquête, j’étais son thérapeute… ». « Comment ? » s’exclama Diana sous le choc. « Vous avez très bien entendu… ». « Et dire que je lui en voulais de ne pas m’avoir appelée ce matin après notre rendez-vous d’avant-hier ! » À présent, elle était en pleurs. « Après votre rencontre ? N’étiez-vous pas fâchées ? ». « Non, enfin si, mais plus maintenant. Elle m’a appelée, il y a deux jours, pour que nous puissions nous expliquer sur le problème Florian. Elle m’a dit qu’elle ne s’en préoccupait plus et qu’elle voulait que l’on se réconcilie. Je lui ai même dit que j’étais désolée de ce que j’avais fait. Alors, on s’est réconciliées définitivement hier soir au téléphone. Elle devait m’appeler ce matin mais elle ne l’a pas fait alors j’ai cru… ». « Vous dites qu’elle vous a appelée hier soir, comment était-elle ? ». « Très bien, mais elle a dû raccrocher parce que son père lui a demandé de descendre pour l’aider à la cuisine ». « Vous dites son père ? ». « Oui, il y a un problème ? ». « Non, aucun. Merci beaucoup, mademoiselle. Toutes mes condoléances, passez une bonne journée ». « Au revoir ».  Comment était-ce possible ? Son père était pourtant absent le soir du meurtre, il avait dit à la police qu’il était au tennis. Je décidai donc d’aller vérifier au club s’il y était bien présent. Si ma théorie se vérifiait, alors le père de Cassie n’était pas seulement un alcoolique : c’était aussi un assassin.

Lorsque je suis arrivé au club de tennis, j’ai sorti ma carte d’entrée et me suis dirigé vers l’accueil. Une jeune femme en uniforme était assise devant son écran d’ordinateur. Lorsqu’elle me vit, elle leva la tête et me demanda : « Puis-je vous aider ? ». « Oui, il faudrait que je rachète une raquette et celles du club sont celles que j’utilise de préférence. Pourriez-vous aller m’en chercher une ? Je réglerai par carte, si vous êtes d’accord, demandai-je subtilement ». « Je n’y vois pas d’inconvénient. Ne bougez pas, je reviens ».  Elle se leva et tourna dans un couloir. Il devait être quatre heures de l’après-midi. A cette heure-ci, les gens étaient encore au travail, il n’y avait donc personne dans les couloirs. D’un seul mouvement, je m’assis sur la chaise derrière le bureau. J’ouvris le document des visites, allai à la page de la veille au soir et un liste s’afficha.

Henri MONMAR, Georges EDMOND, Arthur DUMARTIN, David CHEURLION, Sébastien DECLERC …

Le nom de Charles Beauchamps n’apparaissait nulle part, de toute évidence la police n’avait pas encore vérifié l’alibi du père. Celui-ci n’était pas présent la veille. Je sortis du club sans me retourner. Il fallait que je puisse avoir une conversation avec lui, donc je l’ai appelé : « Allo, monsieur Beauchamps ? ». « Oui ? ». « C’est le Docteur Lobiza, je travaille comme auxiliaire sur l’affaire de votre fille et nous venons de nous apercevoir que vous ne figurez en aucun cas sur le registre de visite du club de tennis ». « … ». « Monsieur Beauchamps ? ». « En réalité, je n’y étais pas mais j’ai quand même un alibi… ». « Lequel ? ». « Je ne peux rien dire ». « Je ne vous cache pas que votre mensonge fait de vous le suspect numéro un. Alors, pour votre fille, dites-moi : où étiez-vous hier soir, Monsieur Beauchamps ? ». « Aux… aux alcooliques anonymes, voilà tout. Ne le répétez pas, je ne veux pas faire la une, s’il vous plaît ». « Vous étiez aux alcooliques anonymes ? ». « Oui ». « Bien, merci, on vous recontactera ». Je raccrochai. Si ce n’était pas le père le coupable, alors qui ? Ma mémoire tentait de se souvenir mais rien n’y faisait, je n’arrivais pas à réfléchir. Depuis le début, je m’étais trompé de coupable et vu les dernières semaines de Cassie, un nombre incalculable de personnes avaient une dent contre elle. Pourtant, une personne devait lui en vouloir bien plus que les autres, mais qui ? Alors, un nom me revint à l’esprit : Diana. Mais bien sûr ! Diana était en colère contre Cassie, c’était elle qui m’avait dit avoir entendu le père de la jeune fille, elle avait très bien pu mentir. Diana avait en plus de cela un mobile : Cassie était un obstacle entre elle et le jeune Florian, l’ex de Cassie. D’ailleurs, rien ne confirmait que les deux adolescentes avaient voulu se réconcilier, puisque c’est Diana qui me l’avait dit. J’avais trouvé ! J’avais trouvé !

J’étais dans la voiture en direction du commissariat. Dès que je fus arrivé, je me dirigeai vers le capitaine pour lui expliquer tout en détails, en omettant quelques informations qui pourraient jouer contre moi. Le capitaine m’avait regardé avec étonnement puis avait fini par dire : « Bon boulot, Docteur, je vous félicite malgré votre manque de sérieux. J’espère pour vous que c’est la première et la dernière fois que vous vous mêlerez des affaires de la police (il éleva la voix). Je veux une équipe en direction du domicile de Mademoiselle Clairemonte. On a notre coupable. Les preuves sont formelles, dit-il de nouveau à mon attention ».

Dans cette soirée du 12 décembre, à Paris, un peu moins d’une journée après le meurtre d’une adolescente qui avait souffert de voir son monde s’effondrer, son meurtrier avait été arrêté. Diana Clairemonte avait été emmenée dans une prison pour mineurs et jugée coupable de meurtre avec préméditation. Le mobile était la jalousie. Une semaine plus tard,  avaient eu lieu les obsèques de Cassie Beauchamps. Il y avait beaucoup de monde, ses anciens amis, sa famille avait pu venir, notamment sa mère et sa sœur. J’étais également présent, si elle avait vu cela de là où elle était, elle avait dû être fière et touchée.

 

« Elle ne l’est pas encore mais vous voilà maintenant capable de créer de nouveaux liens. Avez-vous déjà entendu le dicton qui dit qu’il n’y a pas de problèmes, mais seulement des solutions ? ». « Oui… ». « Eh bien, vous allez finir par trouver une solution et retrouver votre liberté ». « Mais, docteur, la liberté a une saveur amère, j’y ai goûté ces derniers jours. Je dirais même qu’elle est étouffante ». « Ne dites pas cela, la liberté est juste très légèrement sucrée, seulement beaucoup de gens ne font pas la différence. Vous comprenez ? ». « Oui ». « Bien, alors maintenant séchez vos larmes et rentrez chez vous, allez-vous promener et profitez de votre liberté. Nous nous verrons à notre prochaine séance ! » 

 

Marie FLON

2ème prix « Prix de la jeune nouvelle », classe de 3ème

Collège Champ-Lumière

23 rue de Villey

 21260 SELONGEY

Professeur : madame FORQUET

 

 

 

 

 

 

Le voyage imaginaire

 

Un jeune homme d’une vingtaine d’années se promenait tous les dimanches matin aux alentours de sa maison, pour dessiner quelque paysage de campagne. Il partait de bonne humeur, avec son carton à dessin et ses crayons. Il vivait dans une petite maison  de campagne dans le Doubs à proximité des montagnes. Sa mère, qui était fort gentille et agréable, le dorlotait à longueur de journée.

 

Un de ces jours si merveilleux, qu’il attendait depuis le début de la semaine, arriva. Il partit, heureux, emmenant son repas et son matériel à dessin. C’était un beau jour d’automne et le paysage était splendide ; le jeune homme passait comme tous les autres dimanches par le bois de Saint-Sylvestre où il rencontrait souvent de petits animaux. Les oiseaux gazouillaient, le vent agitait doucement les feuilles délicatement bordées d’or. De légers tourbillons les emportaient au loin, comme entraînées par de petits elfes invisibles. Parfois on pouvait entendre des légers pas tendres, peut-être ceux de timides biches ou de lapins effrontés. Que ces paysages étaient beaux et comme il les aimait !

 

Le jeune homme s’enfonçait dans les bois, à la recherche d’une source d’inspiration. Habitué des lieux, il en connaissait presque tous les détails, le moindre buisson, la futaie la plus épaisse, le rocher le plus escarpé. Pourtant ce jour-là, rien ne semblait lui convenir. Croquerait-il quelques branches mortes aux allures de silhouettes inquiétantes ? Un renard fugitivement aperçu au détour d’un terrier vite abandonné ? Il ne savait pas encore et son pas se faisait plus pesant, lorsque… au détour d’un chemin un peu abrupt, soudain un homme à cheval surgit, comme sorti de nulle part. Le jeune homme, surpris, ne l’avait pas entendu. L’homme s’était peut-être perdu et voulait retrouver son chemin ? Etonné, lui aussi, le cavalier se méprit et crut voir dans le jeune homme, simplement vêtu, quelque vagabond qui pourrait l’agresser. Promptement, il saisit son épée pour se défendre mais son cheval fit un écart. Déséquilibré, l’homme la lâcha et celle-ci vint se ficher dans le sol, balafrant au passage le côté droit du jeune peintre qui, d’un coup, s’effondra. Prenant peur, le cavalier tira sur les rênes de sa monture pour la calmer et s’enfuit sans plus attendre. Sans même chercher à secourir celui qu’il ventait d’atteindre sans le vouloir.

 

Le blessé, couché au pied d’un chêne, regarda le cheval partir au loin pour ne devenir qu’un petit point blanc, bientôt invisible. Le jeune peintre ne pouvait compter que sur lui-même, et ses paupières devenaient lourdes, la fatigue montait. La main appuyée sur sa poitrine, il commençait à lâcher prise. Agrippant un pli de sa veste, il la serrait fort pour essayer d’apaiser la douleur. De l’autre, il tentait de localiser ses feuilles et ses crayons éparpillés autour de lui. Mais peu lui importait pour le moment.

Couché contre le solide tronc du chêne, la tête retombant sur son épaule droite, il tentait de ne pas sombrer, de résister à la torpeur qui l’envahissait, souhaitant un secours qui viendrait peut-être à lui. Mais pouvait-il raisonnablement espérer, au cœur de cette forêt si douce habituellement, mais devenue presque hostile ? Il avait détaché quelques boutons de sa chemise où apparaissait maintenant une trace de sang. L’attente se faisait longue, il finit par s’endormir petit à petit sous le vieil arbre.

 

Dans son demi-sommeil le peintre crut apercevoir, au loin, très vaguement, une biche blessée au flanc qui se relevait péniblement dans la neige immaculée. De la neige ? Il ne se souvenait pas en avoir vu quelques instants plus tôt. « N’étions-nous pas en automne ? ». Puis une autre image apparaissait sitôt l’autre disparue : un renard, cette fois occupé à manger une souris. Bizarre… De temps en temps le blessé ouvrait les yeux. Au-dessus de lui, il apercevait, au travers des branches, le ciel bleu pâle parsemé ici et là de quelques nuages. Où était- il ? Ah oui, il se souvenait : le cheval, l’épée, sa blessure… Depuis combien de temps gisait-il ainsi ?... Mais voilà que tout près de lui, d’un plan d’eau que là encore il n’avait pas remarqué, surgit une grosse truite, ensanglantée sur le côté, comme lui. Et puis le plan d’eau s’élargissait si loin qu’on aurait dit la mer. Sur le rivage un homme agitait un chapeau sans doute pour faire signe à un bateau, mais le tout était figé comme, comme, en fait comme un tableau, un très beau tableau… Mais était-ce possible, lui-même n’avais jamais vu la mer. A vingt ans, il ne connaissait que ses chères montagnes, ses chères forêts. Avait-il seulement envie de voir la mer ? Et puis, un tableau en pleine forêt… voyons c’est impossible…

 

Un brusque coup de vent le sortit de son rêve car il en était sûr, il ne pouvait s’agir que de rêves, encore que… cette biche, ce renard, il en rencontrait au cours de ses promenades… Alors, comment démêler le vrai du faux ? Son cerveau le trompait-il ? Allez, faire un effort, essayer de se relever, sa blessure ne devait pas être aussi grave, son côté ne saignait plus. « Je vais me relever, il le faut, me remettre sur pied et chercher du secours ». Tentative vaine, il avait trop présumé de ses forces. Encore trop affaibli, il retomba sur le sol moussu, soulagé de retrouver le doux tapis d’humus.

Attendre encore un peu, le temps de reprendre des forces… Tiens, qui est cette belle jeune femme rousse qui s’avance vers lui, tenant un miroir à la main ? Il lui semble la connaître même s’il ne l’a jamais vue. Enfin ! Quelqu’un qui va pouvoir le sauver, lui venir en aide. Il tente de l’appeler ? Peine perdue, elle passe son chemin, un mystérieux sourire aux lèvres… Si seulement il avait pu l’appeler assez fort, à coup sûr elle se serait arrêtée… Maintenant ce sont des éclats de voix qui parviennent jusqu’à lui. « Cette fois je rassemble mes forces au maximum et j’appelle, le plus fort que je peux, ils vont m’entendre et m’aider, me tirer de là ». Les éclats de voix grossissent, deviennent presque assourdissants, des coups de canon retentissent. « Non, pas ça, je ne veux pas, épargnez-moi, je suis blessé » … En fait, il ne veut pas avoir à faire à ces gens, ils sont trop bruyants, presque menaçants. « Qui sait ce qu’ils seraient capables de faire, peut-être m’achever au lieu de m’aider ? ». Alors il se raidit, ne bougea plus. « Comme cela, ils passeront à côté de moi, sans me voir »… Effectivement le brouhaha s’estompe, le calme revient. La forêt se fait sereine comme pour protéger le blessé qui sombre dans un nouveau rêve. Il est dans un château qui surplombe un lac. Très belle vue…et pourtant il est triste, très triste. Pourquoi ? Il ne peut pas partir. Il doit rester là mais comme il voudrait s’en aller ! D’ailleurs quelqu’un essaie de l’entraîner. « Non, non, laissez-moi, vous savez bien que je ne peux pas partir, que je ne dois pas partir ». « Mais si, allons, venez, laissez-vous faire, voyons, vous êtes blessé, je vais vous relever, vous emmener et vous soigner ». « Mais je n’ai rien, je ne suis pas malade, laissez-moi, je vous dis que je n’ai pas le droit de partir… ».

Qui lui jette de l’eau ainsi sur le visage ? Ah non, ce sont des gouttes, on dirait de  la pluie… Oui, c’est bien de la pluie. La douce averse lui fait ouvrir les yeux. «  Qui est là penché au- dessus de moi ? ». Un visage bourru mais plein de bonne volonté. « Je ne vous connais pas, monsieur, qui êtes-vous ? ». « Je suis bûcheron, je viens de vous trouver, allez, je vous emporte, laissez-vous faire, il faut vous soigner ». Un jappement joyeux accompagne ces paroles. « Le chien du bûcheron sans doute ou encore un de ces foutus rêves qui n’ont pas fini de me harceler ».

 

Des bras solides le soulèvent et le portent vers une charrette de bois. « Mes cahiers, mes cahiers, ne les oubliez pas ». « Mais fichtre, que faites-vous avec des cahiers en pleine forêt et comment vous êtes-vous fait cette blessure ? Et cette épée,  à qui est-elle ? ». Le jeune homme est encore trop faible pour conter le récit de son aventure. Il sait maintenant qu’il est sauvé. A- t-il vraiment envie de savoir qui est l’homme qui l’a blessé et a pris la fuite ? Pour l’heure, il s’en soucie peu. Plus tard, peut-être.

Tout à la joie d’être enfin secouru, le jeune homme se laisse aller à un sommeil réparateur, bercé par le roulis de la charrette qui le ramène chez lui. Cette fois, plus aucun rêve perturbateur, plus aucun songe extravagant. Mais ce que le jeune homme ignore, c’est que tous les rêves qui l’ont assailli seront un jour réalité pour lui : les tableaux qu’il croyait voir sont ceux, et bien d’autres encore, qu’il peindra un jour, le château où il se sentait mal est celui où, banni de son sol natal, il finira ses jours.

 

Ce jeune peintre blessé à vingt ans n’est autre que Gustave Courbet, promis à devenir un artiste mondialement célèbre dont les œuvres sont exposées dans les plus grands musées du monde.

 

 

Ludivine VIEUX

1er prix « Prix de la jeune nouvelle », classe de 2de

Devoir transmis au jury national

Lycée Montchapet

36 boulevard Pompon

 21000 DIJON

Professeur : madame MUNIER

 

 

Le temps ne compte pas

 

Le quartier du Pont Lazard était très peu fréquenté du fait de ses magnifiques maisons imposantes qui se dressaient comme un barrage aux inconnus.

Observez bien ces maisons. Les visualisez-vous ? Elles sont séparées par de grands portails en fer forgé. Il y en a une, à droite, qui est jaune pâle avec de petits détails ancrés dans  la pierre qui soulignent le caractère de la maison. Celle de gauche arbore de grandes fenêtres entourées de volets blancs qui font ressortir à la fois sa richesse et sa simplicité. Maintenant, admirez celle du milieu. C’est la plus majestueuse des trois, du quartier entier même. Un grand manteau de pierre finement travaillé la recouvre. Pour y accéder, vous devez emprunter un petit chemin de pierre entouré de verdure et de fleurs. Pour entrer, il faut gravir les quelques marches en marbre du perron qui vous sépare de la gigantesque porte sombre. En vous approchant, vous pourrez sûrement remarquer que la pierre est parfaite, comme si la maison était neuve.

J’ai connu un homme du nom de Charles Doubrée qui s’était installé dans cette maison. Les premiers temps, il était souriant, je pourrais même dire que c’était un homme heureux. Il prenait soin de lui, il était toujours vêtu de sa redingote grise et il portait fièrement sa montre à gousset en or. Et pourtant, du jour au lendemain, tout changea : c’était comme s’il était devenu muet, comme s’il était devenu aveugle, comme s’il n’entendait plus. La maison elle-même sembla cesser de respirer. Elle avait perdu tout son charme d’autrefois. Elle s’était maintenant abîmée : on pouvait voir quelques fissures se former aux coins des fenêtres. Alors que l’été atteignait à cette époque son point culminant, il semblait que les fleurs qui, la veille, arboraient des couleurs éclatantes, s’étaient d’un seul coup fanées comme si le ciel bleu était soudainement devenu gris et froid.

Il faudrait à ce stade que je vous parle de Charles Doubrée. Charles Doubrée en avait vécu des choses. Enfant épanoui, il n’était guère beau mais il n’était pas dénué de charme. Il avait grandi dans une famille riche de Paris, jusqu’au jour où la malchance l’avait frappé, un peu comme si un sort lui avait été jeté. Alors qu’il allait se marier, avec son amie d’enfance, son amour de toujours, sa promise était morte d’une maladie grave un mois avant la cérémonie. Des jours durant, il avait pleuré toutes les larmes de son corps. Il s’était renfermé sur lui-même. Il avait éprouvé un sentiment mêlé de colère et d’injustice. Il était alors devenu méchant, méprisant le monde entier. Perdant le goût de la vie, il avait renié ses proches et quitté définitivement sa famille.

A compter de ce moment, il avait erré à la recherche du bonheur. Et puis un jour, il avait aperçu cette maison. Il était alors tombé amoureux d’elle. Il n’avait jamais vu une telle merveille. Dès que ses yeux s’étaient posés sur la façade, il s’était imaginé vivre dedans comme une évidence. Il avait entrepris de l’acheter. Il lui avait fallu négocier avec ardeur mais avec une détermination incomparable, il avait réussi à obtenir ce petit bijou. Il avait alors recommencé à vivre. C’était comme si sa maison lui avait redonné espoir. Peut-être cela vous semble-t-il étrange qu’il ait voulu vivre dans ce manoir seul, mais il ne le ressentait pas ainsi. Comme un enfant qui découvre une nouvelle chose, il avait exploré les moindres détails de cette immense bâtisse. Il avait observé attentivement les dorures du plafond, il s’était admiré devant les grands miroirs du salon. Il lui avait semblé être heureux, la maison le guérissait de son malheur. Il aimait être le seul à profiter de cet espace. Il souriait à nouveau. Mais cette période fut de courte durée.

Un soir, il s’assit dans le salon et commença à lire le journal. C’est alors qu’il remarqua que la bougie qu’il venait d’allumer s’était éteinte. Il décida donc de fermer la fenêtre qui donnait sur le jardin puis revint s’asseoir. Puis, comme si des enfants couraient à l’étage, il entendit des petits pas pressés. Il reposa son journal en fronçant les sourcils et se dirigea vers l’escalier. Dès qu’il fut au premier étage, les bruits cessèrent instantanément. Pensif et inquiet, il décida d’aller se coucher, finalement persuadé d’avoir tout imaginé. Mais, les heures passant, yeux grand ouverts sur le noir profond de la chambre, il ne parvenait pas à dormir. Il n’était pas seul, il sentait une présence. Oppressé, il se leva, prit une chandelle et s’engagea dans le sombre couloir qui paraissait interminable. Sa chandelle éclairait faiblement. La flamme vacillait. Il descendit dans le salon, toujours très prudemment. Il entendit alors un claquement qui provenait du bureau. Tremblant, il ouvrit légèrement la porte qui se mit à grincer. Il attendit quelques secondes et la poussa d’un seul coup. Il comprit rapidement d’où venait le vacarme. La fenêtre était tout simplement mal refermée et elle claquait avec le vent. Il monta se recoucher, rassuré.

La nuit suivante, les bruits se firent plus insistants encore. Armé de courage, il arpenta la maison pendant des heures sans jamais rien trouver.

Le lendemain matin, perturbé de sa nuit, il se servit un verre de liqueur qu’il but d’une traite. Il se sentait quelque peu étourdi après la descente de l’alcool dans ses veines.  Dans l’après-midi, il sortit arroser ses fleurs. Il se sentait mieux, il avait chassé cette mauvaise impression qui lui serrait le cœur. A la nuit tombée, il se coucha. Dès qu’il ferma les yeux, il entendit un bruit rauque, comme un cri. Il descendit les escaliers et alluma la lumière, mais il ne vit rien de suspect. Il s’assit, confus. Il entendit tout à coup un frottement qui provenait de derrière une porte qu’il n’avait encore jamais remarquée. La porte était dissimulée dans le mur. Il l’ouvrit et pénétra dans une petite pièce éclairée faiblement, où attendaient deux toiles blanches. En se rapprochant il vit sur celle de gauche, une esquisse : un visage dont les traits lui parurent étrangement familiers. Ne comprenant pas, effrayé, épuisé, il remonta dans sa chambre et se glissa sous les draps. Ayant peu dormi pendant la nuit, il resta couché la matinée.

La nuit qui suivit, les mêmes bruits se répétèrent encore, le menant à cette petite pièce. Quelque chose avait changé cependant. Il y avait désormais un tableau peint. On pouvait voir un homme blessé au cœur, appuyé contre un arbre. Il saignait, pourtant il avait l’air apaisé. Le plus frappant était que ce personnage était son portrait craché. Une fois de plus, il ne pouvait expliquer ce qu’il se passait.

La journée, il buvait pour oublier ; la nuit, il descendait voir le tableau, essayant de trouver une explication rationnelle. Il ne sortait plus arroser ses fleurs, il ne prenait plus soin d’enlever les herbes qui recouvraient l’allée. Il n’ouvrait plus les volets. La maison souffrait avec lui.

Une nuit, il vit que la deuxième toile avait été commencée. Il décida alors de rester devant pour la surveiller. Mais épuisé, il s’endormit sur le fauteuil. Quand il rouvrit les yeux,  le tableau avait pris des couleurs. On pouvait maintenant distinguer le corps d’une femme. Elle portait un robe blanche finement travaillée avec de la dentelle dorée. Contrairement à l’autre, elle n’avait pas été représentée dans un paysage, autour d’elle il n’y avait rien. Charles regarda attentivement l’œuvre. Puis il ferma les yeux et hurla de douleur quand il comprit qui avait été représenté. Il était horrifié. Tous ses sens étaient en alerte. D’un coup, il envoya les tableaux contre le mur. Puis il s’assit au milieu du fracas et se mit à pleurer.

J’ai connu un homme du nom de Charles Doubrée. Plus encore, je l’ai aimé. La tuberculose m’a emportée de ce monde mais je suis toujours là. J’ai besoin qu’il sache que je ne suis pas partie car même si nous n’avons pas pu nous unir dans cette vie, peut-être le pouvons-nous encore dans la suivante. J’attendrai le temps qu’il faudra pour qu’il comprenne, pour qu’il me rejoigne car de là où je suis, le temps ne compte pas.  

 

Joséphine BERNARD

2ème prix ex-aequo « Prix de la jeune nouvelle », classe de 2de

Lycée Montchapet

36 boulevard Pompon

 21000 DIJON

Professeur : madame MUNIER

 

 

 

Pétillant Mr. Pemberton

 

Seul, je contemplai l’album photo qui relatait mon enfance. Je tournai les pages une par une, prenant soin de ne pas les froisser. Chaque image reflétait un passage de ma vie d’enfant. Et je continuai à feuilleter ce classeur encore et encore. Soudain je m’arrêtai sur une photo, mon ventre se serra : elle nous représentait, mes parents et moi, devant un immeuble à Atlanta aux Etats-Unis. De cette période, il me reste un souvenir bien ancré dans ma mémoire.

 

Nous avions immigré sur le Nouveau Continent, mes parents espérant une vie meilleure qu’en France. Les fenêtres de ma chambre donnaient sur une pharmacie tenue par un certain John Pemberton : c’était un homme d’une cinquantaine d’années, de grande taille, mince et portant une barbe comme il se faisait à l’époque, avec de petites lunettes  rondes. Dès que je rentrais de l’école, je me mettais à l’observer ; quand il n’était pas en train de servir des clients, il se mettait devant sa paillasse de laboratoire et manipulait avec délicatesse diverses fioles et tubes à essai. Il travaillait souvent très tard le soir, la lumière de son officine restait allumée la nuit. Je ne peux pas dire que je le connaissais bien, mais nous parlions ensemble de temps en temps, même si je n’osais pas lui poser de questions sur ce que je voyais de ma chambre.

Un jour, en rentrant de l’école, alors que je passais devant sa boutique, il m’appela et me demanda de venir le voir. Intrigué, j’entrai et m’avançai vers son bureau, il admirait dans un récipient un liquide de couleur marron, il but une gorgée de ce breuvage et eut l’air satisfait. Puis il me dit : « Goûte un peu ça mon petit ». Je n’osais pas. Je restais anxieux à l’idée d’ingérer ce liquide. Il dut voir dans mon regard le doute qui s’installait et me dit : « Ne t’inquiète pas, je ne vais pas t’empoisonner ! Tu vois bien, je viens d’en boire et je suis toujours là ». Alors, je m’exécutai, je pris une gorgée de cette potion : ma langue se mit à me piquer ainsi que mes narines, mon ventre gargouillait, mes yeux s’emplirent de larmes. Une impression de goût amer avec quelques notes sucrées qui glissèrent au fond de ma bouche. Cette première gorgée appela en moi une seconde. Je me hasardai à lui demander ce que c’était et il me répondit : « Je teste une nouvelle boisson à base de plantes médicinales ».

Ce soir-là, en rentrant chez moi, je me questionnai. Je retrouvai mes parents en train de parler de notre retour en France, une vieille tante venait de décéder et leur avait laissé un bel héritage. C’est pourquoi, dans la semaine qui suivit cette soirée, nous déménageâmes. Je n’eus pas le temps de revoir monsieur Pemberton et de lui demander où il en était de ses recherches.

Je n’ai su que bien des années plus tard ce qu’il était advenu de lui. Il avait vendu sa pharmacie mais aussi la formule de sa découverte. Ce fameux soir, dans son laboratoire, j’avais bu la première gorgée de Coca Cola.

 

Clotilde PERRIER

2ème prix ex-aequo « Prix de la jeune nouvelle », classe de 2de

Lycée Montchapet

36 boulevard Pompon

 21000 DIJON

Professeur : madame MAUPETIT-NADAL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le voilà…

Le voilà, il est là, je le sens. Derrière cette porte, une simple porte en bois. Il m’est fou de penser qu’il est si proche, juste ici, après tout ce temps. Et pourtant nous en sommes là, tous les deux, lui, profitant de son dernier repos gracieusement offert par Morphée, et moi, retenant à grand peine ma respiration, repensant à tout ce qui s’est passé. Un drame, une tragédie plutôt, dont le dénouement se rapproche à grands pas. Tel le rideau qui se lève pour laisser passer le dernier acte. Cependant, je ne serai rassuré que lorsqu’il retombera, et quand cette traque enfin se terminera.

Non, il faut que j’arrête de laisser mon esprit divaguer. Il faut que je me concentre sur l’instant présent. Le reste attendra. Ces derniers temps, je n’ai pas pu réfléchir à tout ça, obsédé que j’étais à clore ce chapitre de mon existence le plus tôt possible. Et pourtant me voilà à attendre, à hésiter même, alors que je suis si proche de ce tout tant désiré. Que m’arrive-t-il ? La porte. Oui, la porte. Il faut l’ouvrir, se concentrer sur la mission, et surtout ne pas oublier le principal, le but de cette opération, de cette noble cause : la justice.

Bien entendu, la justice. Et pas seulement la vengeance, comme le pensaient les autres. Ils me prendraient même pour un assassin, une machine à tuer mue par la seule volonté de tuer. Mais ce n’est pas le cas, je le sais. Je ne suis pas un monstre, assoiffé par un désir de vengeance. Je fais uniquement ce que je suis censé faire, le reste m’importe peu. J’essaie d’ouvrir la porte : fermée, bien entendu. Je me retire, désappointé. A quoi m’attendais-je ? À la trouver grande ouverte, avec en sus un panneau : « visite gratuite ».

Bon, heureusement, il semblerait que j’aie pris quelque chose pour démonter les serrures. Je l’avais totalement oublié, obsédé que je suis par ma quête de justice. Je commence donc ce crochetage, ou plutôt ce démontage, occupé que je suis à retirer vis après vis, ultime défense de mon ennemi juré.

Un ennemi que je ne connais pas, d’ailleurs. Peut-être est-il quelqu’un de bon, qui a une famille, des enfants qui ont besoin de lui et qu’il aime tendrement ? Et, finalement, qui sait si la mort de mon frère n’était qu’un accident, qu’il regrette amèrement ? Non ! Tais-toi ! me dis-je, tout en rentrant dans son appartement. Tu sais dans quelles conditions terribles il l’a tué, commettant cet acte inhumain. Et puis, voilà trois ans qu’il nous fuit, moi et la justice ; est-ce là le comportement normal d’un innocent ? Non, bien entendu que non ! Il est rusé le bougre, diablement rusé. Il doit se douter que je le pourchasse, et, si je n’en finis pas maintenant, c’est lui qui viendra me chercher pour finir ce qu’il a commencé et éliminer la seule personne qui veut le voir payer sa forfaiture, contrairement à cette « justice » comme ces idiots aiment l’appeler et qui n’a de « juste » que le nom. Molle et flasque, préférant classer tous leurs dossiers, afin de pouvoir commencer plus tôt leur week-end !

Oui, il sait que moi seul souhaiterais le voir payer et ce monstre voudra forcément se débarrasser de moi tôt ou tard. Je suis la seule personne qui peut lui faire payer sa forfaiture, l’ultime rempart contre le mal ! Je m’arrête devant la porte de sa chambre, ouverte. Le doute, la peur, tout cela ne m’est plus autorisé maintenant. Je rentre, tout en sortant notre salut de ma poche. Maintenant, c’est entre lui et moi.

Et, tout à coup, brusquement, je le vois. Comme prévu, sur son lit. Dormant d’un sommeil léger, agité çà et là par quelques propos inaudibles et incompréhensibles, ressemblant à de sourdes plaintes. Je pointe notre salut dans sa direction. Soudain, il s’arrête de parler, et les tremblements dont il était pris s’arrêtent, pour reprendre de plus belle après quelques courts instants. Il est en plein cauchemar, me dis-je. Je vais le libérer de ces terreurs nocturnes.

Et alors que j’avais décidé de mettre fin à sa piètre existence, il prononce, toujours abruti par le sommeil, ses ultimes paroles : « Non, pitié, je ne voulais pas ! ». Trop tard. J’appuie sur la détente. Une balle l’atteint dans le haut du crâne. Il tressaille, puis s’arrête. Il est mort. Sur le coup. Je peux enfin respirer. Merde, je l’ai eu. Enfin. Il n’a pas eu le temps de souffrir. Il est mort rapidement, trop même, par rapport à ce que ce chien a fait subir à mon frère. Mais, au moins, je l’ai arrêté. J’ai bien agi. Il aurait pu récidiver, il ne méritait pas de vivre, ni même la prison. Le cachot aurait été une peine trop douce pour lui. J’hume l’air, je frissonne de plaisir. Le goût du travail bien fait. Je suis enfin heureux, libéré. Mon pauvre frère, tout est maintenant terminé. Enfin, tu peux reposer en paix. Ton vœu a été exaucé : te voilà finalement vengé.

Bien, bien, la fin est déjà là, bien plus tôt que je ne l’aurais pensé d’ailleurs. Un final court, certes, mais point d’orgue de ces trois années de souffrance. Mais non, que dis-je, pourquoi me plains-je, c’est toi qui as le plus souffert, mon frère, triste martyr. Oui, rassure-toi, ton meurtrier te rejoint bientôt dans les cieux, ou plutôt non, vu qu’il va passer le restant de son existence en bas, beaucoup plus en bas qu’ici-bas, à expier tous ses péchés, affreux et innombrables. Et tout ça grâce à moi, oui, bras droit du juste courroux qui… Ah !

Non, ce n’est rien, ne vous inquiétez pas. J’ai juste trébuché sur des livres. Un tas de livres, qui sont… Ses mémoires ? Mais qui s’intéresserait à ses monstrueuses mémoires, celles d’un criminel, d’un traître sans vergogne, qui trahit ceux qui ont tout fait pour lui. Alors que moi, si j’écrivais mes mémoires, celles d’un héros contrairement à celles-là, rédigées par ce monstre, cette créature inhumaine, chose sans cœur et qui pourtant…

Et pourtant il aurait mieux valu qu’il lise ces « monstrueuses mémoires », au lieu de radoter sur la mort de son frère et sur son « acte héroïque » ; en effet, il aurait compris son erreur, que cet « acte inhumain » provoqué par cette « chose sans cœur » n’était rien de plus qu’un accident, intervenu lors d’une réunion avec ce « triste martyr », lorsque celui-ci, après avoir exploité cette pauvre « chose », avait décidé de les jeter à la rue, lui et toute sa famille, après les avoir dépouillés de leurs maigres biens.

Mais cela, notre héros n’en saura jamais rien, protégé tel qu’il fut par son ignorance. Il pourra ainsi vivre heureux, fier de sa « justice » expéditive, qui n’eut d’autre effet que la condamnation à la peine capitale d’un innocent. Il coula donc des jours heureux, du moins jusqu’à ce qu’une nuit un autre justicier vienne pour venger son père et ainsi clore cette histoire, au moins jusqu’au prochain meurtre légitime, car la haine, la haine et la mort n’engendrent que haine et mort. 

 

Maxime GUILLAUMA

1er prix « Prix de la jeune nouvelle », classe de 1ère

Lycée Marey

5 rue du 16ème Chasseurs

21200 BEAUNE

Professeur : madame JEUNET-MANCY

 

Mon lieu préféré

 

Mon jardin…

L’hiver…

La neige tombe sur la terre,

sur mon village, sur ma maison.

Derrière la fenêtre l’obscurité couvre le jardin.

Silence…

Les oiseaux frileux troublent le calme.

Je…

J’ai froid.

Je reste les bras croisés.

Obscurité…

Tout est noir.

Petite lampe,

petite mais éclaire tout

une couverture rouge

et

une chandelle grise…

et

les visages doux des parents.

L’ambiance est mélancolique.

Tout est calme.

J’aime ce lieu.

Je vais dans le jardin.

Il fait très froid.

J’adore ce bout de terre

derrière la maison

 en hiver.

 J’adore les arbres couverts de neige,

 être seule,

penser…

Je sors

sous le vent glacial,

sous la neige qui tombe toujours.

 J’ai un sac et un stylo,

 je dessine

arbres,

fleurs mortes,

toits des maisons,

mon lieu préféré.

Dans la rue,

juste à côté,

un garçon s’amuse

avec un bonhomme de neige,

tout content.

Le vent violent se lève…

J’adore ce lieu…

J’adore l’hiver…

 

 

Paulina WIELINSKA

1er prix « Prix d’expression écrite »

Première année de français (équivalent classe de 5ème)

Collège Saint-François d’Assise

59-220 LEGNICA (Pologne)

Professeur : madame JUJECZKA

Je rêve…

 

Je rêve d’un rendez-vous un beau jour ensoleillé.

J’imagine que :

Mon petit ami (je ne rêve pas d’un prince, mais du copain qui est dans la classe supérieure), donc il viendra (à vélo peut-être, le cheval ce n’est plus à la mode) sous ma fenêtre avec un bouquet de roses et il commencera à chanter pour moi.

Après, il m’invitera à une merveilleuse promenade sur la plage, nous entrerons aussi dans un jardin à côté pour cueillir des fruits.

Nous adorons les fruits !

Puis nous irons en direction de la mer. Nous nous coucherons sur le sable chaud. En ramassant les coquillages, nous regarderons les bateaux.

Les mouettes voleront au-dessus de nos têtes.

Mon petit ami organisera une surprise pour moi. Je ferai du parapente avec lui. Ce sera une aventure extraordinaire ! Ensuite nous préparerons un dîner romantique sur la plage. Nous mangerons au coucher du soleil. Nous regarderons les étoiles. Le ciel sera sans nuages.

Et comme dans les romans, mon petit ami demandera ma main ! Je serai surprise bien sûr et je dirai « OUI ». Ce sera le plus beau jour de ma vie !

Notre amour durera pour les siècles.

 

 

Maja SZCZESNIAK

1er prix « Prix d’expression écrite »

Deuxième année de français (équivalent classe de 4ème)

Collège Saint-François d’Assise

59-220 LEGNICA (Pologne)

Professeur : madame JUJECZKA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une chanson, un livre…

 

J’ai 15 ans.

Vu mon âge, je n’ai bien évidemment jamais eu l’occasion de voir Freddie Mercury sur scène. Mais je connais le répertoire et la légende qui accompagne le groupe Queen depuis des années.

 

J’adore la musique.

Elle m’accompagne depuis toujours. Elle est très présente dans ma famille.

Je chante aussi.

Je voudrais vous parler un peu d’une chanson merveilleuse, très importante pour moi. C’est « No one but you ».

Elle est devenue ma favorite du groupe Queen, composée de Freddie Mercury, Brian May, Roger Taylor et John Deacon.

C’est plutôt l’époque et la génération de mes parents, mais la chanson est devenue la mienne.

« Une main au-dessus de l’eau

Un ange montant vers le ciel

Est-ce qu’il pleut au paradis ?

Voudrais-tu nous faire pleurer ? »

Comment dire « adieu » à un ami ?

Comment lui dire que le monde sans lui ne sera plus jamais si beau et si franc ?

Freddie a marqué l’histoire musicale et est devenu une véritable légende. Il était célèbre pour son extravagance, mais également pour sa bonté et sa générosité.

« Et partout les cœurs brisés

Sur chaque route solitaire

Personne ne pouvait y monter

Personne sauf toi. »

Il est mort en 1991 laissant ses fans en larmes.

Il était évident pour tout le monde que Freddie était très malade. Il se fatiguait facilement. Il fallait lui faire un maquillage très épais pour effacer les marques de la maladie, cette maladie qui ne pardonne jamais.

Sous son costume, il portait un gros tee-shirt pour cacher son corps trop maigre. Freddie essayait de garder à tout prix le secret de sa maladie, même face aux autres membres du groupe.

Mais le 23 novembre 1991, alors que l’album « Innuendo » triomphait partout, Freddie a annoncé au monde entier qu’il était atteint du SIDA. Dans un communiqué rendu public ce jour-là, Freddie Mercury a déclaré :

« Je voudrais confirmer que je suis séropositif et que j’ai le sida. Je pensais qu’il convenait de ne pas divulguer cette information pour protéger l’intimité de ceux qui m’entourent. Mais il est temps que mes amis et mes fans du monde entier connaissent la vérité. J’espère que tout le monde se joindra à moi, aux médecins qui me soignent et à tous ceux qui se battent contre cette terrible maladie. »

Il adorait les chats, il en avait plusieurs.

Pour moi, c’est un Icare contemporain qui a voulu dépasser ses possibilités, ses forces, ses faiblesses. Voler vers le ciel, tout près du soleil avec des ailes de cire, encore et encore plus haut, vers ses passions, ses sentiments, vers l’amour éternel, en payant le prix trop élevé…

« Un par un

Seuls les bons meurent jeunes

Ils ont simplement volé trop près du soleil

Et la vie continue

Sans toi. »

Il reste dans la mémoire et les cœurs de ses fans .

« Et maintenant la fête doit se terminer.

Je suppose que nous ne comprendrons jamais

Le sens de ta vie.

Dans quel chemin nous dirigeons-nous ? »

 

 

Julia BOROWSKA

1er prix « Prix d’expression écrite »

Troisième année de français (équivalent classe de 3ème)

Collège Saint-François d’Assise

59-220 LEGNICA (Pologne)

Professeur : madame JUJECZKA

 

 

 

 

 

 

 

 

« La vie est triste sans amour »

Les paroles de Joe Dassin, « la vie est triste sans amour », sont précises et frappantes et il serait difficile de ne pas être d’accord avec leur message. Je suis de la même opinion, mais vous ne pouvez pas limiter l’amour à une simple définition. L’amour est le sens de la vie de tout être humain, indépendamment de son âge, son origine, son statut social ou l’époque dans laquelle il vit.

Imaginez-vous la vie sans ce sentiment ? Impossible, n’est-ce pas ?

Contrairement à la croyance commune, qui parle de la perte du système des valeurs morales et émotionnelles par les gens du XXIème siècle, l’amour est toujours la force motrice de notre existence. Le sens de l’amour est aimer et être aimé. On croit toujours qu’une personne ne peut pas vivre sans une autre, sans aimer profondément. L’amour donne un sens à la vie, la rend plus belle et précieuse, fait ressortir de nobles qualités humaines, donne des ailes et a de l’influence sur nos décisions. Sans amour, il n’y a aucune chance de découvrir et de développer la vocation de vivre dans la joie et la sainteté. Tout ce qui est beau chez l’homme deviendrait son cauchemar. Il deviendrait un esclave ou l’ennemi de son propre corps. Dans le cœur, le vide et la peur, un sourire sur un visage pour les apparences, le manque d’espoir dans les yeux joint seulement aux larmes qui coulent. Un homme qui vit sans amour devient un persécuteur de lui-même. Il semble vulnérable à la manipulation et au harcèlement par les autres. Il est facile d’entrer dans des relations toxiques et de devenir impuissant du mal que l’on inflige aux autres. Vie sans amour, c’est l’année sans été. Le sentiment de l’amour se réalise sous différentes formes et les relations entre les gens prennent de nombreuses formes.

La forme la plus naturelle de l’amour est d’aimer son prochain, c’est-à-dire ses frères et sœurs, les parents et conjoints. Les croyants dirigent leur affection vers dieu, le créateur et faiseur de bien. Une place importante qu’occupe aussi l’amour est le sentiment pour la patrie, devenant cause d’une immense euphorie et donnant de la force à la vie. Quand il n’y a pas de réciprocité, l’amour peut devenir une force destructrice, le tourment et la malédiction. La souffrance et le bonheur sont deux sentiments qui accompagnent l’amour. Saint-Exupéry fait partie des écrivains qui peuvent écrire comme personne sur un grand sentiment qu’est l’amour. Ce dernier s’épanouit au fur et à mesure  qu’il est nourri par la responsabilité, l’honnêteté. Un exemple  serait probablement Le Petit Prince qui a pris soin d’une rose vulnérable. Aussi, dans la vie, nous devrions être préoccupés par l’amour. Alors seulement nous pourrons nous épanouir. L’amour est un sentiment fragile, souvent détruit par des facteurs insignifiants, si petits parfois qu’ils peuvent sembler être des mensonges, comme dans le cas d’une rose. L’amour véritable sait comment survivre à des moments dramatiques et lourds. Bien que Le Petit Prince… il ne cessait pas son amour pour la rose. Quand il a vu les roses dans le jardin, il s’est dit ces paroles mémorables : « Vous êtes belles, mais en vain. Vous ne pouvez pas sacrifier la vie pour vous. Bien sûr, ma rose semble être un passant ordinaire comme vous. Mais pour moi, elle est plus importante que vous tous ensemble. » Avec le temps, il a réalisé que la rose est son trésor, la chose la plus importante dans l’univers entier. Il a compris que les fleurs sont des créatures fragiles et faibles, et que le meilleur se voit avec le cœur, parce que parfois ce qui est caché aux yeux est la chose la plus importante.

« Si vous aimez une fleur qui est située sur l’une des étoiles, il devient agréable de regarder le ciel.» « L’amour ne signifie pas de regarder l’autre, mais regarder ensemble dans la même direction. » (Antoine de Saint Exupéry)

Eminent poète brésilien contemporain et écrivain, Paulo Coelho, un jour a dit que :

(…) l’amour est comme une drogue. Au début, vous vous sentez euphorique, vous vous abandonnez totalement à ce nouveau sentiment. Et le jour suivant vous en voulez plus. Et bien que pas encore habitué, vous vous sentez déjà à votre goût et vous croyez que vous pouvez le contrôler. Vous pensez à une personne que vous aimez pendant deux minutes, et vous l’oubliez pendant trois heures. Mais lentement, vous vous habituez à elle et vous devenez complètement dépendant. Enfin, vous pensez à cette personne pendant trois heures et vous l’oubliez pendant deux minutes. Quand elle n’est pas là, vous vous sentez comme des drogués quand ils ne peuvent pas obtenir leur dose. Ils volent et s’humilient pour obtenir ce qui leur manque, peu importe le coût. Et vous êtes prêt à faire quelque chose pour gagner l’amour (…)

Le monde nous confronte de plus en plus à de nouveaux défis. Pour y faire face, nous avons besoin d’aide, de la proximité d’une autre personne. L’amour, comme un service désintéressé pour les autres, à l’opposé de l’égoïsme, est le plus beau des sentiments humains. « Il n’y a seulement qu’un bonheur dans la vie, aimer et être aimé. » (George Sand) 

 

 

Katarzina SUPERSON

1er prix « Prix d’expression écrite »

Deuxième année de français (équivalent classe de 1ère)

Lycée Saint-François d’Assise

59-220 LEGNICA (Pologne)

Professeur : madame JUJECZKA

 

 

La victoire de la nature

 

Tant que vous n’essayez pas, vous ne trouverez pas. Dans mon cas, cela vaut la peine pour la vie à la campagne. Quelques ans auparavant, vivant dans une grande ville, je n’ai pas pensé que j’aurais pu ici me reposer une semaine dans une maison entre les arbres et le silence. Mais ce qui est arrivé et je « résiste » encore plus longtemps… il y a déjà 5 ans.

Pourquoi j’ai décidé de déménager et d’abandonner ma ville  bien aimée ?

Je suis peintre. Dans mon travail, j’ai besoin d’inspiration, d’une vision fraîche. Où la chercher ?

J’ai visité de nombreux endroits dans ma ville à la recherche de l’inspiration, j’ai passé beaucoup de temps à l’extérieur de la maison. Mais je ne pouvais pas me concentrer. Après quelque temps, le bruit, les foules, les embouteillages, le manque d’espace ont commencé à me déranger. La peinture est ma passion et une grosse partie de ma vie. Donc, je devais changer quelque chose dans ma vie, d’être à nouveau en mesure de créer des œuvres qui reflètent mon âme.

En fin de compte, j’ai décidé : je déménage.

Où ?

C’est un petit village où je passais souvent en allant chez mes parents.

La petite maison, qui a déjà attiré mon attention, non pas parce qu’elle était inhabituelle, mais précisément par sa simplicité rurale. Et maintenant que j’y vis, je peux dire qu’elle est devenue pour moi magnifique. Ceci est mon endroit préféré sur la terre, et tout ceinturé d’un vert profond. Le jardin, l’herbe tendre…

Près de ma nouvelle maison, il y a aussi un étang au bord duquel je vais chaque soir pour admirer le coucher du soleil. Maintenant, je ne peux pas imaginer une vie différente qu’à la campagne. C’est tellement calme et paisible. L’air frais tous les matins me rappelle qu’ici je me sens le mieux. Le terrain entouré d’arbres de chaque côté me permet de sortir pieds nus sur l’herbe et écouter le chant des oiseaux au matin et le bruit de l’eau dans un ruisseau juste en face.

Et qu’est-ce qu’on peut dire encore de la vie à la campagne ? Il existe peu de stéréotypes.

Et bien que beaucoup de gens pensent que la vie rurale est associée à l’isolement du monde, la solitude, le vide et elle soulève un certain nombre de problèmes liés à la vie quotidienne : les déplacements, courses, travail, etc. Pour moi, aucune de ces réponses ne sont un problème. Je ne me sens pas seule, au contraire. Dans la grande ville, où il y a plein de gens, il semble que quelqu’un est toujours à côté de nous. Mais à la campagne chacun est pour lui-même un ami, qui prend soin de soi-même et visite ses voisins. Les personnes vivant à la campagne forment une grande famille. Et je lui appartiens. Les achats peuvent être faits ici. Tout ce dont j’ai besoin est cultivé dans mon village. Le lait frais, des œufs, de la viande, des légumes et des fruits, tout est frais et sain tous les jours et on peut en avoir de première main.

Je voudrais aussi dire quelque chose à propos du changement dans ma vie professionnelle parce que, depuis que j’ai déménagé, j’ai trouvé la paix autour de moi et aussi dans ma tête. Le silence permet de concentrer mes pensées et me concentrer sur la création. Les couleurs qui m’entourent sont vraiment une source d’inspiration. Mes tableaux sont pleins de vie réelle et montrent la belle nature de notre pays. Je peux peindre des tableaux qui représentent ce que je vois tous les jours en dehors de ma fenêtre. J’ai décidé aussi de peindre plus ma patrie, la Pologne, car seulement quand je vis ici, à la montagne, je vois sa beauté. Mon pays m’a totalement envahie ! 

Ma nouvelle vie est vraie. Ma vie quotidienne a considérablement changé. Chaque nouveau jour m’apporte un grand plaisir de la nature et de nouvelles idées.

Maintenant, je peux vraiment dire que le déménagement a été la meilleure décision de ma vie.

Je sais que dans ma petite maison, entre les arbres et le vert, je vivrai encore beaucoup de beaux et grands moments et bien sûr que je peindrai beaucoup de belles images de la plus belle Pologne.

 

 

Julia KOWALCZYK

1er prix « Prix d’expression écrite »

Troisième année de français (équivalent classe de terminale)

Lycée Saint-François d’Assise

59-220 LEGNICA (Pologne)

Professeur : madame JUJECZKA

 

 

 

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